Le journal de papageno

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lundi 13 mai 2013

Voici que le silence...

Voici que le silence a les seules paroles
Qu'on puisse, près de vous, dire sans vous blesser.
Laissons pleuvoir sur vous les larmes des corolles;
Il ne faut que sourire à ce qui doit passer.

À l'heure où fatigués nous déposons nos rôles,
Au même lit secret les dormeurs vont glisser;
Par chaque doigt tremblant des herbes qui nous frôlent,
Vous pouvez me bénir et moi vous caresser.

C'est à votre douceur que mon sentier m'amène.
Dans ce sol lentement imprégné d'âme humaine,
L'oubli, lent jardinier, extirpe les remords.

L'impérissable amour erre de veine en veine;
Je ne veux pas troubler par une plainte vaine
L'éternel rendez-vous de la terre et des morts.

Marguerite Yourcenar, extrait des Sept poèmes pour une morte, Les Charités d'Alcippe, éditions Gallimard.

jeudi 18 avril 2013

Création de la Victoire de Guernica à Cergy-Pontoise

J'ai le plaisir et l'honneur de participer cette année aux Rencontres Internationales de Composition de Cergy-Pontoise en tant que (jeune) compositeur invité. Ce qui me permet d'inviter à mon tour les lecteurs de ce journal au Théâtre 95 de Cergy-Pontoise samedi prochain (le 20 avril) à 17 heures pour un concert où seront données cinq créations de Gabriel Ledoux (Montréal, Québec), Abou Diab Wadji (Liban), Brunon Fioranelli (Argentine) et Luisa Antoni (Venise, Italie). Ce concert est gratuit.

La pièce que j'ai écrite pour cette occasion s'intitule La Victoire de Guernica pour soprano et six instruments, sur un texte de Paul Eluard. J'en parlerai plus longuement dans un autre billet. J'ai la chance de travailler avec la magnifique soprano colorature Sevan Manoukian sur ce projet (je suggère à nos lecteurs de l'écouter dans l'air de Cunéguonde extrait du Candide de Leonard Bernstein, un vrai morceau de bravoure vocale mais aussi une pièce magnifiquement écrite et relativement peu connue. Ou encore dans cet extrait de l'opéra Les Sacrifiés de Thierry Pécou, tout aussi passionnant dans un autre style).

Si ma pièce est sélectionnée par le jury, elle sera donnée également le dimanche 21 avril à 17h, toujours au Théâtre 95. Ce concert de clôture permettra également d'entendre un opéra de chambre de Guy Reibel.

jeudi 11 avril 2013

Claude, opéra de Thierry Escaich sur un livret de Robert Badinter en direct sur Arte Live Web

Ce soir à vingt heures aura lieu la rediffusion sur Arte Live Web de l'opéra de Thierry Escaich, Claude, sur un livret de Robert Badinter d'après un roman de Victor Hugo (Claude Gueux). Les créations d'opéra sont devenues suffisamment rares pour qu'on salue celle-ci et qu'on lui réserve le meilleur accueil. Thierry Escaich est un magnifique musicien à découvrir absolument si vous ne le connaissez déjà. Certains jugeront sa musique trop moderne et d'autres pas assez, pour ma part je retiens surtout que tout ce que j'ai pu entendre de Thierry Escaich était fort bien écrit, bien construit et sonnait très bien. Quand la musique est de bonne qualité elle s'impose par elle-même, indépendamment des choix esthétiques de son créateur.

Par ailleurs Badinter n'est pas n'importe qui, c'est tout de même l'homme qui a fait voter l'abolition de la peine de mort en France en 1981, à rebours d'une opinion publique qui y était encore majoritairement hostile. Je recommande en particulier aux plus jeunes lecteurs de ce Journal de lire L'Abolition du même Badinter, un livre de deux cent pages tout à fait essentiel pour comprendre les enjeux de l'abolition et le chemin qu'elle a suivi avant de s'imposer en France comme dans tous les pays européens. Un livre à mettre entre toutes les mains dès quatorze ans.

mardi 2 avril 2013

Créations par le CLSI à Saint Merry les 4 et 5 avril

L'excellent Vincent Royer me signale que le Cercle pour la Libération du Son et de l'Image, ou CLSI (si si, ça existe et ça n'est pas une secte; du moins avec une PAF à 7€ celle-là ne va pas ruiner ses sympathisants) donnera deux concerts en l'église Saint Merri, au centre de Paris, les 4 et 5 avril 2013. Les détails sont ici: Scelsi, Stockhausen et Radulescu pour les "classiques", Méfano, Méridan, Krashenko, Favory, Pape pour les créations. La plupart des pièces sont mixtes c'est à dire qu'elles utilisent aussi bien les instruments acoustiques que l'électronique.

Ne réfléchissez pas, réservez la date et venez, vous ne risquez rien à part quelque bonne surprise; de toute façon il n'y a rien que des matchs de foot ou des interview présidentielles à mourir d'ennui en ce moment à la télé.

mercredi 27 mars 2013

Concert du Quatuor Tana au chatêau de Loumarin

Les musiciens du Quatuor Tana, un des mes quatuors belges préférés (avec les Danel) seront de retour en France le 6 avril prochain. Au château de Loumarin très précisément, quelque part entre Avignon et Aix-en-Provence. Au programme: Mozart, Boesmans, Webern et Beethoven. C'est dans la série Jeunes Quatuors de Pro Quartet. On ne saurait trop recommander aux mélomanes qui habitent pas trop loin d'Aix de se faire du bien en réservant une place dès maintenant.

Cycle Voix et Quatuor (ProQuartet) en avril 2013

Après un superbe cycle Beethoven-Schoenberg-Boulez par les Diotima en novembre dernier, l'association Pro Quartet continue de célébrer dignement son 25e anniversaire avec une nouvelle série Voix et Quatuor, les 10, 14 et 15 avril prochains.

De très belles choses au programme: des créations, des oeuvres rares et des classiques du vingtième siècle (Berg, Zemlinsky, Nono). Le tout servi par de magnifiques interprètes. Plus de détails sur le site ProQuartet.

dimanche 24 mars 2013

En chantante Lune

J'ai le plaisir de vous inviter à un concert de mélodies dans toutes les langues le 10 avril prochain à Paris, concert qui vous permettra notamment d'entendre une de mes toutes dernières productions, le Lunatique sur un texte de Yourcenar commandée par l'occasion par L'Oiseleur des Longchamps.

en_chantante_lune_affiche.jpg

Concert de mélodies, airs, chansons, songs, Lieder, canzone, canciones ... sur le thème de la lune

Evelyn Vergara, soprano
Emilien Marion, ténor
L'oiseleur, baryton
Christophe Maynard, pianiste


oeuvres de : Anonyme, Bellini, Bernier, Boëlmann, Brahms, Chaminade, Chausson, Chrétien, Collin, Curschmann, Davico, Debussy, Dvorak, Fauré, Ferroud, Franz, Garat, Gaubert, Ginastera, Gounod, Greif, Grétry, Hahn, Holmès, Jadin, Kinkel, Kirschner, Krüger, Labori, Lacroix, de La Presle, Le Flem, Leroux, Loiseleur, Maas, Marinier, Mascagni, Massenet, Mecano, Mendelssohn, Picheran, Puget, Reichhardt, Respighi, Rodrigo, Rubinstein, Saguer, Saint-Saens, Schubert, Schumann, Scotto, Spohr, Strauss, Tricot, Vidal, Wakerfield, von Weber, Woodworth

sur des poèmes de : Bessière, de Bussy, Cipollini, Davidoff, Despax, Dorchain, Eichendorff, Even, Fiorentino, Fortolis, Guinand, Heine, Holmès, Hölty, Greif, Kugler, de La Ville de Mirmont, Lenau, Madeleine, Mendès, Mosen, Ossian, Osterwald, Samain, de Ségur, Shimasaki, Simrock, Vanor, Verlaine, Villancico, Villemer, Woddworth, Yourcenar

entrée : libre participation

adresse: Using Spring Court 5 passage Pivert Paris 11e
métros : Goncourt ou Belleville

illustration : Arthur John Black

jeudi 21 mars 2013

Le jour où elle m'a dit...

Le jour où elle m'a dit qu'elle voulait me quitter 

J'ai pleuré

J'ai pleuré

J'ai pleuré

J'ai pleuré

Je ne pouvais plus m'arrêter

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Quand j'ai vu avec qui la belle était partie

J'ai ri

J'ai ri

J'ai ri

J'ai ri

Je ne pouvais plus m'arrêter

envol_colombe.jpg

Elle a choisi sa punition

Inutile d'en rajouter

Elle mérite la compassion

Et m'a rendu la liberté

mercredi 27 février 2013

Répertoire de Mauricio Kagel aux Bouffes du Nord

Vu et entendu hier aux Bouffes du Nord, Répertoire, pièce de théâtre musical de Mauricio Kagel mis en scène pas Jos Houben, Françoise Rivalland et Emily Wilson.

La notice évoque des "flash inspirés" qui sont "autant d'apparitions sonores saisies dans l'immédiateté de leur théâtralité", autant avouer qu'elle ne nous renseigne pas beaucoup. Fort heureusement pour vous, chères lectrices, à la rédaction du Journal de Papageno, nous abhorrons la langue de bois. De quoi s'agit-il en pratique ? De cinq musiciens-acteurs qui utilisent des instruments aussi amusants qu'improbables à base de sphères de polyester, ressorts métalliques, tuyaux de plastique, objets quotidiens tout genre. Avec quelques notes de trombone, violon ou guitare, sans compter bien sûr la partie vocale (sifflements, cris, rires, etc). Tout cela est mis en scène, c'est à dire que le geste instrumental est travaillé autant pour la partie visuelle que pour le son.

Ce Répertoire ressemble à un gros canular mais le plus étonnant reste que ça fonctionne assez bien. Comme les facétieux normaliens le savent depuis Alfred Jarry au moins, un canular est une chose qui se prépare avec le plus grand soin. Rien n'est à prendre plus au sérieux qu'une bonne partie de déconnade. C'est assurément ce que font les cinq interprètes de ce Répertoire qui ont manifestement beaucoup travaillé et manipulent un instrumentarium insolite et divertissant avec aisance ainsi qu'avec une sorte de joie naïve. La joie que vous pouviez éprouver, chers lecteurs, lorsqu'à 5 ans vous tambouriniez sur le guéridon du salon ou torturiez le poupon en plastique de votre soeur. En écrivant cette pièce qui fleure bon les années 68 (écrite en 1970 je crois), Mauricio Kagel nous invitait à revenir aux sources même de la musique c'est à dire à la manipulation d'objets familiers qui peu à peu deviennent des instruments de musique. Et ça fonctionne assez bien, on finit par se prendre au jeu, par écouter avec gourmandise tous ces sons principalement inharmoniques (c'est à dire que ce ne sont pas des notes, on ne peut pas les identifier avec une hauteur de son bien précise). Le côté pro du compositeur apparaît très bien si l'on considère la duré de chaque apparition: Kagel sait très bien distinguer les sons dont on se lasse au bout de 2 secondes et ceux qui sont plus riches, qu'ont peu développer et travailler sur une minute entière. Comme Luc Ferrari avec d'autre moyens (la musique enregistrée), Kagel nous fait tout simplement entrer dans le cerveau d'un compositeur, hypersensible à l'aspect sonore de toute chose, attentif à tous les bruits de la nature ou de la ville. Il nous pousse à écouter différemment tous ces bruits familiers et pourtant étranges. "Quand un bruit vous dérange, écoutez-le" disait John Cage à ses élèves. Du coup la dame qui tousse au premier rang, le vieux du troisième rang qui gromelle, les rires du plublic, tout ça vient s'intégrer à l'ambiance musicale du spectacle plutôt que de constituer une nuisance. Puisque le bruit se fait musique, tout devient musique.

En bref, c'est bien maîtrisé, ça fleure bon les années 1970, ça ne dure qu'une heure, c'est divertissant, c'est infiniment moins cher qu'un concert de Lady Gaga, c'est à l'affiche jusqu'au 2 mars prochain et ça se tente assez bien. Seul bémol, l'horaire (19h), pas très pratique pour ceux qui travaillent ou qui ont des enfants. Pour ceux-là, on trouve une autre interprétation de la même pièce sur le décidément inépuisable ioutioube par le Kölner Ensemble für Neue Musik.

mardi 19 février 2013

Création de Lolo Ferrari de Michel Fourgon à l'Opéra de Rouen en mars 2103

Les créations d'opéra sont devenues suffisamment rares pour qu'on les signale et qu'on prenne le train ou la voiture afin d'aller les écouter à Aix, Strasbourg, ou Bruxelles. Celle dont je vous fais la pub aujourd'hui est un opéra de Michel Fourgon qui s'intitule Lolo Ferrari. Il sera donné à l'Opéra de Rouen les 8, 10, et 12 mars prochains.

Même ceux qui n'ont jamais vu un porno de leur vie (et ils en ont de la chance) connaissent sans doute le nom de Lolo Ferrari, actice qui s'était rendue célèbre par un tout de poitrine tout à fait monstrueux obtenu par une succession d'opérations de chirurgie esthétique (si l'on peut encore appeler ça esthétique). Son mari qui était aussi en quelque sorte son "impresario" ou son "agent", a été soupçonné lors de son décès dans des circonstances troubles en 2000, et puis finalement relâché.

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Le destin tragique de cette femme fournit sans aucun doute un excellent sujet d'opéra. Même sans céder au malin plaisir d'un calembourg, on peut dire que cette Lolo est une sorte de Lulu de notre époque. En plus des ingrédients essentiels de tout bon sujet d'opéra (du sexe, du sang, plus un brin de politique ou de philosophie) cela permet d'aborder des sujets très actuels comme l'image de soi, l'argent, la célébrité, et la recherche du bonheur.

N'ayant pas lu le livret ni entendu une note de musique, je ne saurais vous en dire plus, sinon ceci: soyez curieux et audacieux, et si vous êtes parisien dites-vous que Rouen ça n'est pas plus loin du centre de la capitable que Cergy-Pontoise ou Marne-la-Vallée.

mercredi 13 février 2013

Concert-lecture du quatuor Tana à Paris

Hier soir à un concert-lecture privé organisé un mécène parisien. Ambiance conviviale et bon enfant. Les musiciens du quatuor Tana, tout juste revenus de Rome où ils jouaient la veille à la Villa Medicis (la vie de musicien est un sacerdoce, on mesure mal à quel point), ont joué Mozart, Debussy, Pärt, Chostakovitch et Glass. Dans ce répertoire un peu plus classique que d'habitude, les Tana m'ont touché à nouveau par leur engagement total, leur chaleur communicative, leur enthousiame contagieux. Les dimensions, la et l'acoustique de la pièce où une petite quarantaine de chanceux ont le privilège de partager ces moments, l'attitude du public aussi se conjuguent pour faire de cette soirée un instant rare et précieux. Les trois derniers mouvements du huitième quatuor de Chostakovitch étaient boulversants. Et lorsque les Tana ont joué le mouvement lent du sublime quatuor de Debussy, j'ai fermé les yeux et senti le bonheur m'envahir tout entier, j'ai bien cru que j'allais me mettre à pleurer. La spiritualité dépouillée et exigeante des chorals d'Arvo Pärt m'a beaucoup parlé également. En revanche les arpèges poussifs débités au kilomètre par Philip Glass m'ont laissé parfaitement froid, en dépit de la chaleur et de la vie insuflée par les Tana dans cette musique.

rhapsodie_pour_une_dent_creuse.jpg

Entre deux morceaux, Régis Délicata lisait des extraits de son premier roman, Rhapsodie pour une dent creuse. Un livre dont je n'ai lu que la première moitité, ce qui me prive du plaisir sadique de spoïler la fin. Ce que j'ai lu est fin, enjoué, alerte, sarcastique. Delicata multiplie les interventions d'auteur, les adresses aux lecteur qu'il appelle Lucien ou même Lulu plus familièrement. C'est aussi très parisien, ça sent un peu son khâgneux par moments. Avec les bons côtés (les traits d'esprit, la culture encyclopédique passée à la moulinette, le mélange des genres et des niveaux de langage) et les moins bons (le côté un peu superficiel et l'overdose d'ironie). On en vient à souhaiter qu'une plume aussi alerte se consacre un jour à des sujets plus graves, au risque de se priver parfois du plaisir un peu gratuit d'un bon mot.

Ce fut en tout cas une soirée des plus réjouissantes, et l'on ne peut que chaleureusement remercier les hôtes de ce concert-lecture.

lundi 11 février 2013

Un extrait de Khronos pour deux pianos

Voici en exclusivité pour vous, chers lecteurs (et chères lectrices) du Journal de Papageno, un extrait du premier tableau de mon Triptyque pour deux pianos.

Avant de vous le faire écouter, j'aimerais vous inviter par avance à sortir de l'alternative binaire j'aime / j'aime pas (et de sa variante impersonelle: c'est beau / c'est moche), pour tenter d'apprécier l'oeuvre en elle-même. Une des possibilités pour ce faire consiste à associer des images à ce qu'on ressent: si c'était la musique d'un film, quel genre de film ? quelle genre de scène, dans quel paysage ? Cette méthode se montre souvent bien plus fertile pour arriver à parler de la musique que celle qui consiste à apposer des épithètes ou des jugements de valeur.

Pour ceux qui manqueraient d'imagination, et nul doute qu'ils doivent être plutôt rares parmi nos lecteurs, voici un extrait de ma note de programme qui livre de succintes indications sur mon univers mentale quand j'écrivis cette pièce:

Khronos dépeint la naissance du Temps, à travers les combats furieux des Dieux et des Titans. Lorsque l'énergie sauvage de cette pièce faiblit un peu, on croit apercevoir le début d'un monde fragile où l'homme aurait peut-être sa place.

Enfin, il me faut remercier tout particulièrement Jonathan Lago-Lago et Lena Kollmeier, deux brillants pianistes qui ont pris cette pièce à bras-le-corps, lui ont donné chair et sang, ainsi qu'une dimension véritablement symphonique et homérique. Je tiens aussi à remercier très chaleureusement Brigitte Foccroule, merveilleuse musicienne et grande spécialiste de la musique d'aujourd'hui, qui les a guidés dans leur travail avec enthousiasme et rigueur. Et Peter Vizard, directeur du conservatoire du XVe arrondissement, pour m'avoir invité au Week-end du clavier contemporain.

Voici donc un extrait de Khronos, par Jonathan Lago-Lago et Lena Kollmeier, enregistré en concert le 3 février dernier au conservatoire Chopin de Paris:

Fichier audio intégré

Cette pièce sera bientôt donnée à Liège, en juin prochain, dans la salle philharmonique.

vendredi 1 février 2013

Création de Khronos pour deux pianos: c'est demain

Demain 15 heures au conservatoire du XVe, comme annoncé.

De l'alto, vraiment ? Mais c'est ignoble !

Annexe du Tribunal de Trifouillis-les-Champagnettes. Salle des Affaires Familiales numéro 4. La juge Marceline Desbordes-Tammère ajuste ses lunettes rouge vif sur son nez.

- Vous avez la parole, maître. Votre cliente demande un divorce pour faute, c'est bien ça ?

- Oui, Madame le Juge, et je dois bien dire qu'en vingt ans de métier je n'ai rien vu de tel.

- Voyons, voyons... j'ouvre le dossier... il n'y a pas grand-chose pourtant ! Pas d'adultère ni d'abandon du domicile conjugal ?

- Non, Madame

- Pas d'accroc dans la contribution aux charges du ménage ?

- Pas que je sache, Madame

- Pas de dépendance à l'alcool, aux drogues dures, au Nutella ?

- Non, Madame.

- Des faits de violence contre l'épouse ou les enfants ?

- En quelque sorte

- Comment ça "en quelque sorte" ? Je vous somme de répondre clairement ? A-t-il frappé quelqu'un ?

- Non, pas frappé. Enfin, pas physiquement. Enfin si, physiquement, mais sans contact direct...

- Des violences psychologiques alors ? Menaces, insultes, poèmes de Charles Péguy lus au petit déjeuner ?

- Non, il n'a rien dit de tel, il ne parlait pas beaucoup...

- Vous abusez de ma patience, maître. Venez-en au fait et présentez vos pièces ou je renvoie l'affaire ! Qu'a-til fait au juste ??

- Eh bien, c'est embarassant mais le mieux est sans doute de dire la vérité...

- Assez de prolégomènes ! Parlez maintenant !!

- C'est à dire, Madame la juge, il jouait de l'alto.

- De l'alto, vraiment ? Mon Dieu mais c'est ignoble ! En avez-vous la preuve au moins ?

- Oui, Madame.

- Mais il en jouait souvent ?

- Tous les jours.

- Devant les enfants ?

- Oui, hélas, je le crains. Il l'a fait devant les enfants. Quel pitoyable éducation, vous en conviendrez !

- Et ça a duré longtemps ?

- Des années, Madame la juge.

- Soit, mais au moins il faisait ça tout seul ? ... nous avons eu le cas ce matin d'un monsieur qui trompait sa femme avec une poupée gonflable... la plainte n'a pas été jugée recevable pour vice de forme car le vagin artificiel était défectueux, le modèle était immatriculé à l'étranger et plus sous garantie...

- (l'avocat de la défense intervient) Si je puis me permettre, nous nous égarons !! Revenons à notre affaire, je vous en prie !

- Hum, oui, bien sûr maître. Donc il faisait ça tout seul ?

- Mais non, pas du tout, Madame la juge. Il l'a fait en groupe, et en public ! Nous avons des preuves.

- Montrez-moi les pièces, maître.

- Eh bien nous avons cette photo de février 2010 qui est tout à fait explicite:

bach_6e_brandebourgeois.png

- Maître, vous testez ma crédulité après avoir abusé de ma patience ! Je suis presbyte, mais pas myope ! Vous voyez bien qu'il y a des violoncelles, un clavecin et une contrebasse sur cette photo. Or les Conventions européenes en vigueur dans tous l'espace Schengen, dois-je vous le rappeler, autorisent formellement l'usage de l'alto à partir du moment où il est confiné au rôle de bouche-trou dans un ensemble d'instruments à cordes plus vaste.

- Précisément: il n'y a pas de violons dans cet ensemble, et la présence de deux altistes -- l'un mâle, l'autre femelle, vous l'aurez bien remarqué -- au premier plan visuel sinon sonore a quelque chose de tout à fait indécent et contraire à la morale et aux bonnes moeurs !!

- (avocat de la défense) Hum Hum... mon confrère a des références qui datent un peu je crains... le point était litigieux jusqu'à ce que la jurisprudence de la Cour de Cassation mette fin au débat. Dans un arrêté du 31 février 2005, l'exécution d'oeuvres avec ensembles de cordes sans violons comme le 6e Concerto Brandebourgeois ou le Requiem de Fauré est déclarée licite et conforme à la Convention Européenne de Protection des Consommateurs de Musique Classique et de Préservation de la Musique Tonale de 1997...

- Maître, avez-vous d'autres pièces à produire à l'audience ? J'ai encore un pédophie, un alcoolique et deux transsexuels à juger cet après-midi...

- Et bien oui, figurez-vous ! Il a poussé le vice jusqu'à jouer en quatuor d'altos

- Vous voulez dire quatre altos sans aucun autre instrument ?

- Oui, Madame !

- Mais c'est affreux ! Comment a-t-il osé faire ça ?

- C'est affreux, en effet. Les photos sont dans le dossier, mais je vous préviens c'est à peine soutenable. Heureusement que cette pénible affaire est jugée à huis clos. Regardez la mine patibulaire de ses complices:

raga_4altos_patrick_loiseleur_2008.png

- C'est un fait isolé, j'imagine ! Quatre altos, tout de même !

- Pas du tout, maître. Il a récidivé trois semaines plus tard salle Cortot ainsi qu'à Courchevel l'année suivante.

- Maître, avez-vous quelque chose à dire pour la défense de votre client ?

- Eh bien, il existe un quatuor d'altistes anglais dont mon client avoue s'être inspiré... Il faut dire que la légistation outre-manche en matière d'alto est bien plus libérale que la nôtre...

- (la juge s'esclaffe) Ils sont fous ces anglais ! Et votre système de défense est pitoyable, si je puis me permettre.

- (l'avocat est très visiblement vexé) mais je vous en prie, permettez-vous, Madame.

- Maître, votre client a des circonstances atténuantes, je présume ?

- Eh bien, comme vous le savez, il y a eu des études faites par des sociologues, des enquêtes sociales... Comme la plupart des altistes, mon client a connu une enfance très difficile... on l'a obligé à jouer de l'alto à l'âge de cinq ans, privé de soins et de nourriture, emmené de force au cours de solfège, obligé à écouter Radio Classique... les altistes ne sont rien d'autre que les victimes d'un système injuste et discriminatoire mis en place par des violonistes frutrés de ne pas avoir de corde d'ut. C'est un long combat que celui que mènent les altistes depuis toujours pour la reconnaissance de leur différence d'une quinte et la prise en compte de leur handicap lié à l'usage intensif de la clé d'Ut 3. Si la Viola Pride n'a rassemblé que 17 personnes l'an dernier, on peut y voir le début d'une lame de fond pour la dignité des altistes si injustement bafouée depuis Berlioz...

- Maître, je vous demande vos arguments pour la défense d'une personne, pas un réquisitoire politique

- Mais la défense de l'alto est politique, Madame ! Alors que même les caniches transsexuels ont obtenu l'autorisation de se pacser l'an dernier, grâce à la dernière loi sur la dignité animale, la défense des droits de l'alto est scandaleusement en retard dans notre pays ! C'est bien pour ça que l'association des Artistes en Lutte (*) soutient notre combat. 

-  Revenons à notre affaire. C'est après l'épisode du quatuor d'altos que votre cliente est partie, maître ?

- Non, Madame la juge, dans sa grande patience et bonté, eu égard au passé difficile de son mari qu'elle connaissait bien, elle avait décidé de passer l'éponge sur cet épisode scandaleux. C'est plus tard qu'elle a craqué, quand il a voulu monter à treize...

- Treize quoi ?

- Treize altos, Madame la Juge.

- Cette affaire dépasse l'entendement. Treize altos, ce n'est plus un hobby honteux, ce n'est plus du vice, c'est de la folie furieuse. Est-ce que votre client a été soumis à une expertise psychiatrique ?

- Oui, Madame. Voici le rapport d'expertise. Il a été jugé sain d'esprit et équilibré par le Docteur Ville-Vachatte (*)

- Je parie que ce docteur joue de l'alto le dimanche...

- La loi de 2004 sur la lutte contre les discriminations infligées aux altistes amateurs m'interdit de vous répondre sur ce point.

- (Aaa... Aaa-tchoum !) Au rythme où vont les choses, il y aura bientôt une loi pour interdire aux magistrat d'éternuer pendant les audiences... Treize altos, donc. Maître, c'est quand votre cliente a appris que son mari envisageait sérieusement de jour une pièce avec treize altos qu'elle a craqué ?

- Oui, Madame. Treize altos, c'était vraiment trop. Elle est repartie vivre chez sa mère.

- C'est faux ! Elle était avec un tubiste !

- Comment, maître ? Elle s'est fait enfumer par un tubiste ? (*)

- Un tuba basse ?

- Non, Madame, un tuba contrebasse.

- C'est grave.

- C'est très grave.

- Oui mais j'attire votre attention sur la chronologie. De même que l'alto est apparu deux siècles avant le tuba dans l'orchestre symphonique, Madame n'aurais jamais trouvé refuge auprès de ...

- Hahaha ! Comme le dit le proverbe: Si l'alto te fait défaut, le tuba essaie !

- D'où sortez-vous ce dicton, maître ?

- (long soupir) Elle est bien loin l'époque où les magistrats avaient tous fait leurs humanités... (avec un air condescendant) C'est du latin: Altus defecatus, tuba mirare. L'expression est attesté chez Pindare et Héraclite, bien que sa traduction fasse débat parmi les spécialistes.

- Bien ! Laissons là les citations littéraires. J'aimerais m'adresser à votre client, maître, avant de mettre ce pénible dossier en délibéré. Monsieur, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?

- meuh...

- Voyons, vous êtes altistes, je le sais, mais vous pourriez faire un effort tout de même ! 

- mgrooumph...

- Formez une phrase complète, et articulez !!

- eh be ... bah ... l'alteau c'est bo... ?

- L'alto c'est beau, le bateau c'est gros, le chameau c'est rigolo, c'est là toute votre défense ?

- Bah... mufff... Oui votre honneur

- (lève les yeux au ciel) Vous pouvez dire oui Madame, on n'est pas dans une série américaine mal doublée. Est-ce que vous pouvez prouver ce que vous annoncez au moins ?

- Euh... voui

(bruits indistincts puis "do-sol-ré-la" en pizzicato)

- Non !!

- Arrêtez-le !!

- Il va jouer ! Pitié !!

(bruits de lutte. Sons grincants. Cris, coups, injures. Extraits de la Sonate Arpeggione de Schubert. Noms d'oiseaux. Bratsche. Autres bruits de lutte, chaises raclées. Re-bratsche. Quelqu'un crie: appelez la Sécurité !)

Note de l'éditeur: L'enregistrement audio s'arrête là. Malgré son enquête approfondie et de nombreuses tentatives de corruption de fonctionnaires zélés, le résultat du procès n'a pa pu être connu de la rédaction du Journal de Papageno. Morale de l'histoire: même Les Fées peuvent se faire en tuba (*), et ce qu'il faut c'est plutôt un gros dur dans ce cas-là (*)

mercredi 30 janvier 2013

Lutoslawski par Zimerman

Entendu salle Pleyel vendredi dernier, le concerto pour piano de Witold Lutosławski par l'interprète pour qui ce concerto a été écrit: Krystian Zimerman. Pour résumer mes impressions: que du bonheur, vraiment. Quelle richesse de couleurs et de timbres dans cette partition ! Une partition exigeante certes, qui laisse bien souvent les pupitres de l'orcheste de Paris à découvert, mais quel bonheur pour l'auditeur ! Et j'ai trouvé assez touchant de voir le grand Zimmerman laisser de côté la posture du pianiste romantique pour suivre le chef (Paavo Järvi), compter ses mesures, tourner ses pages et prendre ses départs comme n'importe quel musicien de l'orchestre. Accepter de prendre sa place dans cette belle vision symphonique dont il est la clé de voûte mais pas la diva. Quand l'humilité et l'enthousiame se conjugent avec l'excellence, le résultat musical est à la hauteur, et le public de la salle Pleyel devait penser comme moi car il a rappelé le pianiste pas moins de cinq fois avec force bravos (sans pour autant obtenir de bis, ce que l'on peut aisément pardonner au pianiste polonais eu égard à la difficulté du concerto). On trouve plusieurs versions potables de ce concerto de Lutosławski sur ioutioube, je ne saurais trop recommander à nos lecteurs curieux d'y jeter un coup d'oreille.

En deuxième partie c'est une Symphonie Pastorale de Beethoven sans grande surprise mais sans aucun déplaisir. L'orchestre connaît si bien cette partition (et nous aussi du reste) qu'un chef d'orchestre n'est gère indispensable à vrai dire. Paavo Järvi peut donc se concentrer sur les gestes expressifs, ce qu'il fait plutôt bien même s'il cabotine un peu par moments, et les musiciens le suivent avec un enthousiasme non dissimulé et communicatif. On s'ennuie bien un peu dans le deuxième mouvement, andante molto moto, mais la responsabilité en revient surtout à ce cher Ludwig qui a un peu trop allongé la sauce ou plutôt la sieste au bord du ruisseau. On se réveille lors du scherzo et de sa danse paysanne. On se réjouit comme à chaque fois de voir les contrebassistes s'agiter comme des fous dans l'orage qui est une véritable leçon d'orchestration (pas mal pour quelqu'un qui était déjà au trois quarts sourd lorsqu'il a rédigé cette partition). Et le chant de triomphe qui suit l'orage me donne tout simplement les larmes aux yeux.

mardi 29 janvier 2013

Comme le marinier...

Comme le marinier que le cruel orage,
A long temps agité dessus la haulte mer,
Ayant finalement la force de ramer
Garanty son vaisseau du danger du naufrage,

Regarde sur le port, sans plus craindre la rage,
Des vagues ny des vents, les ondes escumer :
Et quelqu'autre bien loing, au danger d'abysmer,
En vain tendre les mains vers le front du rivage :

Ainsi mon cher Morel, sur le port arresté,
Tu regardes la mer, et vois en seureté
De mille tourbillons son onde renversee :

Tu la vois jusqu'au ciel s'eslever bien souvent,
Et vois ton Dubellay à la mercy du vent
Assis au gouvernail dans une nef persee.

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Joachim Du Bellay, Les Regrets (édition d'Albert-Marie Schmidt pour la bibliothèque de la Pléiade)

(avec une dédicace à François Gabart)

samedi 26 janvier 2013

Khronos pour deux pianos au 6e week-end du Clavier Contemporain

Léna Kollmeier et Jonathan Lago-Lago joueront mon Khronos pour deux pianos au 6e week-end du Clavier Contemporain du Conservatoire Frédéric Chopin. Ce sera la toute première audition publique de cette pièce (la première en France tout du moins car la pièce a été jouée à Liège dans le cadre de la classe de musique de chambre du conservatoire).

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Cela festival dédié au piano contemporain a se passe dans le cadre d'un festival franco-flamand les 2 et 3 février 2013 où l'on pourra entendre également des oeuvres de Fourgon, Pousseur, Ledoux, de Leeuw, Mernier, et bien d'autres.

Khronos est la première partie de mon Triptyque pour deux pianos, commencé en 2009, dont Pascal Devoyon et Rikako Murata ont créé la partie centrale. C'est une pièce ambitieuse qui m'a donné beaucoup de fil à retordre, dans laquelle se produit une sorte de choc entre une musique assez française, délicate, impressioniste d'une part et une musique beaucoup plus primitive et brutale - moderne en somme - d'autre part. Cette pièce est très exigeante pour les interprètes, et je dois dire que le travail réalisé par Léna Kollmeier et Jonathan Lago-Lago pour cette toute première audition de Khronos est très impressionnant.

Outre ma pièce qui sera jouée samedi à 15 heures, je recommande particulièrement le concert de gala de l'excellent Jay Gottlieb le samedi à 20 heures. Le programme détaillé est sur le site du Conservatoire

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Résumons:

Samedi 2 février à 15 heures

Création de Khronos pour 2 pianos de Patrick Loiseleur

Conservatoire Chopin du XVe arrondissement

43 rue Brague (métro Pasteur)

Concert gratuit sur réservation (01 42 73 15 32)

Venez nombreux !

mardi 15 janvier 2013

Baise m'encor

Baise m'encor, rebaise moy et baise :
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus,
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslant nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra
Permets m'Amour penser quelque folie:

Toujours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.

gustav_klimt_le_baiser.jpg

(Louise Labé, Sonnet XVII, 1545-1555.
Illustration: Le baiser, Gustav Klimt, 1906)

vendredi 4 janvier 2013

Avant-première des Petites Suites Parmi les Plus Taciturnes de Frederico Alagna

Une invitation de Frederico Alagna:

Chers amis et collègues
très bonne année à toutes et à tous
 
Samedi 12 janvier prochain à 17h30
ambiance d'avant première à l'Atelier Delrico
 
création du cycle de mélodie françaises contemporaines
"PETITES SUITES PARMI LES PLUS TACITURNES"
musique de Frédérico ALAGNA-Eric DE FORT
suite poétique de Aurélie LOISELEUR
 
pianiste: Thomas SAGHEZCHI-MALLET
soprano: Valéria ALTAVER
baryton: RITTELMANN
récitant : Frédérico ALAGNA

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Venez découvrir une oeuvre contrastée, tout en clair-obscurs,
loin des "sucreries" qui ont innondés ces périodes de fin d'année!!!
 
le concert sera accompagné d'une exposition/vente
d'estampes originales de
Fra DELRICO
(photoestampe, prose et encre de chine sur papier arche)
 
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ATELIER DELRICO
à 20 min de Paris gare du Nord
RER E direction Chelles, descendre à BONDY
puis tramway (5 stations) descendre à LES-PAVILLONS-SOUS-BOIS
à 1 minute à pied de l'atelier au
4 avenue THIERS Le RAINCY
 
ENTREE LIBRE
Petites-suites_AFF.jpg

Veilleurs Meuh

Les artistes en lutte, les amateurs de sax dans les guerres, les flûtes sans pair vous présentent leurs meilleurs voeux. Ne restez pas sans cesse à fouiller comme ça ! Vous fouillerez six cors en 2013, vous baisserez mais sans les user. 

Bonne année à tous les gus !

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