Le journal de papageno

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samedi 28 mai 2011

Le Spectre de la Rose de Berlioz en vidéo

Après la partition et le podcast Radio France c'est maintenant une vidéo qui est disponible en ligne de la réduction pour voix, piano, violon et violoncelle des Nuits d’Été de Berlioz. Il n'y a pas de mal à se faire du bien. Voici donc Le Spectre de la Rose avec Hugues Borsarello (violon), Aya Okuyama (piano),  Pejman Memarzadeh (violoncelle), L’Oiseleur des Longchamps (baryton):

lundi 2 mai 2011

Dans la peau d'un invité d'Arièle Butaux (L'Oiseleur des Longchamps chante Berlioz et Beethoven)

Disponible à la réécoute sur le site de France Musique, l'émission Les invités d'Arièle datée du du 1er mai où L'Oiseleur des Longchamps chante Berlioz, Alagna et Beethoven.

Ce qu'il y a de bien dans le statut de newbie de la musique à mon âge, c'est qu'on multiplie les premières fois. Première œuvre jouée en public, premiers fans recrutés par Internet interposé au Canada ou en Corée. Grâce au baryton L'Oiseleur des Longchamps (qui est le véritable Papageno: je ne suis que son ombre comique), j'ai pu vivre une émission de radio côté coulisses. L'enregistrement de cette émission étant public, ça se passe un peu comme un concert: les artistes arrivent à l'avance, ont une loge, font un raccord sur scène. Deux différences majeures: la tenue vestimentaire plus décontractée des musiciens (excepté la très élégante robe d'un beau rose vif de la pianiste, on ne peut plus adapté pour jouer Le Spectre de La Rose) et une bonne douzaines de micros posés pas les ingénieurs du son. On y croise aussi des personnes inaudibles à l'antenne mais indispensables, comme l'attachée de production et la chargée de réalisation.

loiseleur_berlioz_radiofrance_1avril2011.jpg

(de gauche à droite: Hugues Borsarello (violon), Aya Okuyama (piano),  Pejman Memarzadeh (violoncelle), L’Oiseleur des Longchamps (baryton))

Nous avons déjà évoqué dans ce journal l'arrangement des Nuits d'été de Berlioz L'Oiseleur des Longchamps m'avait demandé dans un précédent billet, et dont c'était la première audition publique. La disposition spatiale a son importance: avec le chanteur placé entre le violoniste et le violoncelliste, à la place qu'occuperait un alto dans un quatuor avec piano, non seulement les musiciens peuvent bien communiquer visuellement, mais la fusion et la différenciation des timbres fonctionnent parfaitement pour l'auditeur.

Ayant fini de chanter, L'Oiseleur rejoint une table elle aussi hérissée de micros pour discuter quelques minutes avec Arièle Butaux, annoncer ses concerts et son prochain disque en préparation:

loiseleur_ariele_butaux_radiofrance_1avril2011.jpg

Il chante également une mélodie de Beethoven "Seufzeur eines Ungeliebten" (soupirs d'un mal aimé) où l'on entend pour la première fois un thème qui sera réutilisé dans la Fantaisie pour choeur d'homme, piano et orchestre puis dans le finale de la célébrissime Neuvième Symphonie (Ode à la Joie). La simplicité de ce thème me frappe à nouveau: s'il nous donne une telle impression de grandeur, c'est vraiment par le métier d'orchestrateur de ce cher Ludwig, ce qui me fait repenser à la maxime d'un de mes professeurs d'écriture:  Pour écrire de la musique, il vous faut juste une idée. Pas nécessairement une bonne idée. Il suffit d'avoir une idée.

L'Oiseleur des Longchamps nous donne également une très charmante mélodie sicilienne de Frédérico Alagna, accompagné à la gimbarde par le compositeur.

Parmi les autres invités d'Arièle ce jour-là, je recommande aux lecteurs de ce journal la très séduisante version de la Mort d'Isolde de Wagner/Liszt par Shani Diluka - encore un arrangement !

Le Spectre de la Rose ayant été capté en vidéo, il y aura peut-être un bout de vidéo-souvenir disponible prochainement.

jeudi 31 mars 2011

L'Oiseleur des Longchamps chante Berlioz à la radio

Le baryton L'Oiseleur des L.ongchamps me signale qu'il enregistre demain, le 1er avril (et ce n'est pas un poisson), des mélodies à la radio pour l'émission d'Arièle Buteaux, les invités d'Arièle.

Au programme entre autres, le Spectre de la Rose extrait des Nuits d’Été de Berlioz (dans un arrangement pour voix, piano, violon, violoncelle de votre serviteur) et une complainte sicilienne de Frédérico Alagna.

La diffusion sur France Musique est prévue le dimanche 1er mai à 12h30.

mercredi 22 décembre 2010

Les Nuits d'été pour voix et trio avec piano

C'est sur une proposition du baryton L'Oiseleur des Longchamps que j'ai entrepris de réduire les Nuits d'été de Berlioz pour voix et trio avec piano (piano, violon, violoncelle). Une combinaison instrumentale infiniment plus riche que le piano seul tout en étant bien plus facile à réunir (et à faire jouer dans une petite salle) qu'un orchestre symphonique.

Le travail d'orchestration étant déjà fait - et très bien fait - par Berlioz lui-même, le défi était de conserver autant que possible les couleurs et les timbres avec des ressources instrumentale très réduites. Pour ne donner qu'un seul exemple, voici le début du Spectre de la Rose:

berlioz_exemple1.PNG

A cet endroit j'ai fait le choix de confier la mélodie au piano et l'accompagnement aux cordes. C'est l'inverse de ce que l'on fait d'habitude mais c'est également ce que fait Rachmaninoff par exemple dans le début de son Trio n°1 (oeuvre de jeunesse). Cela donne beaucoup de relief à la mélodie qui se grave ainsi dans l'oreille de l'auditeur et renforcera son plaisir lorsqu'elle sera reprise par la voix. Une autre question, un peu technique mais tout aussi importante, est celle des doublures: quand doit-on, quand peut-on doubler la voix par un instrument, ou confier la même phrase à deux instruments, à l'unisson ou à l'octave ? Là encore j'ai fait des choix, qu'il faudrait commenter quasiment mesure par mesure. En règle générale je n'ai pas hésité à utiliser des doublures car c'est un moyen d'enrichir la palette sonore mais aussi de donner une ampleur quasi-orchestrale à certain passages.

Les Nuits d'été sont fort heureusement assez connues, chantées et gravées au disque par d'excellents interprètes, et il n'est pas utile que j'en parle plus longuement ici. Sauf peut-être pour partager mon admiration fanatique du numéro 2, Le Spectre de la Rose. D'abord l'ironie et la tendresse du poème de Théophile Gautier, qui utilise un truchement (la rose) pour parler de désir charnel avec une légèreté et une délicatesse typiquement françaises. Ensuite l'extraordinaire musique de Berlioz: c'est une élégie sans la moindre trace de tristesse, la mort de cette rose n'étant que le prétexte à une berceuse galante et sensuellement rêveuse. Il existe de nombreuses interprétations féminines de cette chanson, que vous trouverez sur votre site préféré de vidéo ou de streaming, mais c'est tout de même le baryton José van Dam qui a ma préférence dans cette pièce (sans vouloir faire de la pub, l'album est disponible au téléchargement ici et ici).

La partition est disponible sur le site Tamino Productions. D'autres partitions pour la même formation suivront très bientôt:

  • la version soprano (ou ténor) des Nuits d'été
  • un arrangement de ma Complainte du Roi Henri (sur un texte)
  • une réduction des Chants du Tigre pour Baryton et orchestre, nouveau cycle dont seul le 1er mouvement est achevé.