Me voici condamné à la schizophrénie. En effet, bien que membre du groupe Facebook Faites l'amour, pas des gammes, je ne peux que soutenir l'initiative de Vanina Paoli, Présidente de la Chambre Syndicale des Métiers de la Musique, qui dans une lettre ouverte au gouvernement publiée sur le site concertclassic, réclame un décret autorisant la pratique de la musique durant certaines plages horaires, afin de limiter les conflits de voisinages et l'envoi d'huissier pour mesurer les décibels, pratique qui semble devenir de plus en plus courante (et il ne faut pas s'en étonner, car la France vieillit et continue à s'urbaniser).
A propos de la visite d'huissier, je me souviens d'une contrebassiste qui avait reçu la visite d'un huissier mandaté par ses adorables voisins. Lequel huissier, ayant mesuré que la contrebasse ne produisait que 43 décibels, ne pouvait faire l'objet d'une interdiction (pour mémoire, n'importe quelle télé ou conversation à voix haute atteint facilement les 50 décibels, et l'on peut mesurer 25 voire 30 décibels dans ce qu'on considère en ville comme une pièce silencieuse et calme). Laquelle, munie d'une copie de ce fameux constat, a pu continuer à pratiquer son instrument en toute légalité...
Bien sûr, avec cette mode (qui ne date pas d'hier) des instruments de plus en plus puissants, les problèmes de voisinage ne peuvent qu'aller eux aussi en s'amplifiant. Spécialement avec le piano, qui a la désagréable propriété de se propager à travers les murs d'un immeuble, ce qui à partir de la cinquantième répétition du début de la Lettre à Élise avec toujours la même faute à la troisième mesure, ne manque pas de donner des envies de meurtre aux voisins. La musique n'adoucit pas toujours les moeurs...
C'est un paradoxe d'ailleurs que la musique qui est omni-présente dans notre quotidien, en bruit de fond dans les magasins, parkings, cafés, à la télé, dans les téléphones portables, soit rejetée si violemment lorsqu'elle est pratiquée par un voisin. C'est un peu comme l'acharnement contre les fumeurs, absurde si l'on considère que les pollutions dues à l'automobile entre autres nous condamnent quasiment tous à un cancer du poumon avant 60 ans. C'est en fait le silence qui est devenu rare, de même que l'air pur...
PS je m'excuse pour le mauvais calembour du titre, qui n'est pas de moi.
Parmi les images marquantes que je ne suis pas le seul à retenir de ces jours-là, celle du violoncelliste Msistlav Rostropovitch jouant Bach devant un pan de mur de Berlin à moitié détruit. Rostropovitch qui avait quitté le conservatoire de Moscou a 21 ans pour protester contre les attaques envers un de ses professeurs, un certain Dimitri Chostakovitch. Rostropovitch qui a caché et hébergé Soljénitsyne, Rostropovitch exilé puis déchu de la nationalité et de ces droits civiques dans les années 1970. Nul n'était mieux placé que Rostropovitch l'apatride pour éprouver et transmettre la joie de ce jour-là dans sa dimension universelle.


Voilà une chose sans doute que j'aurais du faire plus tôt: une petite recherche sur Internet pour 




