Le journal de papageno

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mardi 11 août 2009

Les musiciens du Titanic

Le naufrage le plus célèbre de l'histoire, celui du RMS Titanic en 1912, le plus beau, le plus grand et le plus sûr de tous les paquebots jamais construits jusqu'alors, a toujours passionné les foules, comme en témoignent les innombrables livres et films, fictions ou récits qui lui sont consacrés. Wikipedia nous apprend même qu'un certain Goebbels aurait tenté en 1943 un film sur le Titanic à des fins de propagande, film autocensuré en 1945 pour ne pas démoraliser davantage les populations victimes des bombardements alliés...

Parmi les anecdotes tirées des récits des survivants que les cinéastes ont utilisées, la plus frappante est peut-être celle de l'orchestre et de ses huit musiciens dirigés par Wallace Hartley qui ont continuer à jour jusqu'au naufrage où ils ont tous péri sans exception. Le contraste saisissant entre l'apparente futilité de cette occupation (jouer de la musique) et la perspective d'une mort imminente et certaine a été utilisé par James Cameron et par ses prédécesseurs comme une puissante illustration du drame.

Après un moment de recueillement devant le Mémorial de Southampton consacré à ces héroïques musiciens (photo ci-dessus), il est permis à un musicien du XXIè siècle de se poser la question: sommes-nous en train de jouer sur le pont du Titanic ? N'est-il pas futile et même scandaleux de consacrer son temps à perfectionner son vibrato alors que la maison brûle, le bateau coule, des vies sont en danger ?

La question se pose au niveau individuel (après tout c'est la mort qui attend chacun d'entre nous au bout du chemin) mais aussi au niveau collectif. Si comme le prédisent certains Cassandre les déséquilibres que nous introduisons dans les fragiles écosystèmes dont nous dépendons menacent la survie même de notre espèce, n'y a-t-il pas plus urgent et plus imporrtant à faire que de jouer du violon ?

Pour y répondre, il faut se mettre dans la peau de Wallace Hartley et de ses amis en cette nuit du 14 avril 1912. Impliqués dans des événements qui les dépassent et dont ils ne peuvent changer l'issue fatale, quelles sont les options dont ils disposent ? Courrir partout en poussant des cris, se brûler la cervelle, dire des Pater et des Ave Maria, écrire des lettres que personne ne recevra ? Autant continuer la musique ensemble et à embellir le peu d'instant qui restent à vivre et à partager.

Ainsi la leçon que les musiciens du Titanic nous ont apprise est celle-ci: on ne maîtrise que rarement son destin, mais on peut tout de même parfois choisir ce qu'on fait du temps qui nous est imparti. Et ce temps qui nous est donné, pourquoi ne pas le consacrer au plus noble de tous les arts, celui qui permet de maîtriser le temps, de le dilater ou de le racourcir, et même de le projeter jusqu'à l'infini ? Et ce corps qui nous est donné pour quelques instants seulement, pourrait-on en faire meilleur usage qu'en transcendant ses limites par l'art ?

Notre monde ressemble au naufrage du Titanic: il y a ceux qui barbotent, ceux qui crient, ceux qui se battent, ceux qui se noient, ceux qui sont à l'abri et au chaud dans les canots, ceux qui jouent du violon sur le pont. Tout cela au même instant. A l'échelle de l'Univers, le naufrage du Titanic, la disparition de l'homo sapiens sapiens, le pet d'une mouche, quelle différence ?

vendredi 10 juillet 2009

De l'art de la prononciation à celui de la géopolitique

Notre ministre des affaires étrangères a bien du mal en ce moment... le voilà qui confond Ouïghours et Yogourts ! Indépendamment de ce lapsus, il faut reconnaître qu'il est bien embarrassé, pris en tenaille entre ses convictions qui tendraient à soutenir les Ouïghours au même titre que les Tibétains et la nécessité de ne pas trop fâcher la Chine, qui est très susceptible et ne supporte guère les commentaires sur ce qu'elle considère comme une affaire de politique intérieure.

Pour ses vacances prochaines, je suggère aux lecteurs du Journal de Papageno de se cotiser pour lui offrir un séjour en Yourte & Breakfeast, ce qui lui donnera tout le loisir de se reposer et de pratiquer de saines lectures, comme La Géopolitique pour les Nuls ou encore L'art du théâtre: La voix, le geste, la prononciation de Sarah Bernhardt.

Tout cela serait franchement hilarant si les victimes ne se comptaient pas par centaines. Pour le reste, on lit tout et son contraire dans la presse: selon les uns, ce sont des provocateurs au service de Pékin qui ont déclenché les affrontements; pour les autres, des terroristes islamistes, pour d'autres encore, la CIA... entre la propagande de la diaspora ouïghoure et celle du gouvernement chinois, et faute d'une vigoureuse intervention de BHL pour distribuer les rôles et nous dire qui sont les gentils et les méchants dans cette histoire, on reste dans le brouillard le plus complet...

vendredi 12 juin 2009

Boileau, auteur de plagiat par anticipation

Voilà une chose sans doute que j'aurais du faire plus tôt: une petite recherche sur Internet pour Sombres Pensées, le titre que j'avais donné à une pièce pour violoncelle seul écrite cette année. Il y a même un group de heavy metal qui s'appelle Sombre pensée (au singulier). Une belle photo sur flickr, plusieurs poèmes,  quelques blogs et un grand nombre d'articles portent ce titre, mais le plus significatif est de loin ce poème de Boileau qui constitue un exemple flagrant de ce que les oulipiens appellent un plagiat par anticipation. Je vous laisse admirer la perfection toute classique de ce poème qui contient le vers peut-être le plus célèbre de Boileau (ce qui se conçoit bien...):


Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain, vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.


(Boileau, Art poétique, Il est de certain esprits)

En guise de représailles, je pourrais toujours chiper les trois permiers vers pour les placer en exergue de la partition. Non mais !

lundi 1 juin 2009

Dégât des eaux

Toute une pile de mes disques préférés ont été victimes d'un terrible accident domestique et trempés jusqu'à l'os. Il a fallu les ouvrir un par un pour faire séchér les jaquettes avec des pinces à linge... pour désagréable et comique qu'il soit, cet incident prouve néanmoins la supériorité du disque sur la musique dématérialisée, car il est probable qu'un disque dur d'ordinateur aspergé par la même quantité d'eau serait totalement mort. Hilary, Karol, Ludwig, Hélène, Brice et les autres, pardon pou la douche forcée !

samedi 30 mai 2009

Comme vous le voyez...

On travaille dur pour le concert KABrass du 13 juin prochain.

Surtout le compositeur !


(merci à Catherine pour les photos)

vendredi 1 mai 2009

Record battu

Envoyé ce matin pas des amis, deux vidéos dont la rencontre fortuite a quelque chose de frappant. D'abord un gymnaste russe qui fait un double salto avant qu'on ait pu dire ouf, et qui pourrait donner des cours à n'importe quel danseur de hip hop:

Puis une autre performance, tout aussi athlétique, le vol du bourdon de Rimsky-Korsakoff, arrangé par Cziffra, joué par Hyun-Jung Lim:

Si ça continue à ce train-là, faudra-t-il imposer des contrôles antidopages aux pianistes ? poser des radars automatiques sur qui flasheront les musiciens au-delà de 130 à la noire ? Faire passer des contrôles techniques aux Steinway comme on le fait pour les Formule 1 ? Organiser un concours Lucky Luke du violoniste qui dégaine le plus vite ? Ou bien remplacer les auditeurs par un chronomètre ? Ne riez pas il y a des gens qui l'ont fait pour la télé anglaise:

Ils sont fous, ces anglais.

samedi 25 avril 2009

Plus vrai que nature

samedi 28 mars 2009

Terminator violoniste

Terminator violoniste, c'est le nom de l'article consacré par Jacques Borsarello sur le site Alto en ligne à ce robot mis au point par Toyota et qui joue du violon:

Coiffé de sa casquette rouge "SUD Altos - défendez votre droit à la fausse note", l'altiste voit dans ce robot musicien une menace pour la profession. Les fidèles lecteurs du journal de Papageno se souviendront qu'on a déjà parlé de ces robots musiciens. La profession de musicien est-elle vraiment menacée par les machines ? Tout ça n'est guère crédible. Ces robots ne sont pas différents d'une chaîne hi-fi, dans le sens où ils ne peuvent que reproduire une musique pré-enregistrée. Est-ce que le 33 tours ou le CD audio ont tué la profession de musicien ? Bien au contraire, en diffusant la musique auprès du plus grand nombre, ils contribuent à développer la culture et le goût pour la belle musique et à remplir les salles de concert. Le plaisir du concert est celui d'une rencontre et d'un échange entre les artistes et le public. Qui aurait envie de payer une place pour regarder un robot jouer de la guitare ? Ou encore pour admirer un ballet de robot-danseurs ?

La comparaison homme-machine dans le domaine de la musique classique peut inspirer d'autres réflexions, pas des plus confortables d'ailleurs. Les conservatoires fabriquent en série des musiciens dont le talent se limite à exécuter les œuvres du répertoire, et qui sont le plus souvent incapables d'improviser ou de composer. Bon nombre d'entre eux manifestent une indifférence marquée, voire une hostilité franche au répertoire contemporain et aux compositeurs vivants. L'omniprésence du disque qui place les musiciens sous le parrainage écrasant de leurs aînés glorieux, les Rostropovitch, Oistrakh et autres Horowitz, les incite à minimiser les risques et à chercher avant tout à reproduire la partition et les traditions interprétatives qui vont avec, quelques erronées qu'elles puissent être, le plus exactement et le plus fidèlement possible. Quant au public, il est prié de se tasser sans bouger dans ses fauteuils et d'observer un silence digne d'un studio d'enregistrement jusqu'au moment de la délivrance ou est de bon ton d'applaudir comme des robots. Toute forme d'interaction avec les musiciens (comme on le voit pourtant fréquemment dans les concerts de Jazz ou de pop/rock) est à proscrire. En définitive, qui sont les véritables automates ?

Par ailleurs on peut et on doit saluer la prouesse des ingénieurs qui ont mis au point une telle machine. Voilà au moins un travail créatif et innovant. Bravo les artistes !

mardi 24 mars 2009

L'outilleur vétilleux

Mon correcteur orthographique me propose deux remplacements pour le nom de Dutilleux: Outilleur ou bien Vétilleux. L'outilleur vétilleux ça ne sonne pas si mal finalement !

Zapping

lundi 2 mars 2009

Le bal des hypocrites

Entendu à la radio, deux ténors de la gauche caviar au meilleur de leur forme. D'abord c'est Pierre Bergé qui a entamé un solo sur le thème Moi, je suis prêt à offrir ces têtes en bronze au gouvernement chinois, tout de suite. Il leur suffit de déclarer qu'ils vont appliquer les droits de l'homme, rendre la liberté aux Tibétains et accepter le dalaï-lama sur leur territoire. Inutile de rappeler à M. Bergé qu'il a défilé avec des portraits de Mao Zedong et Ho Chi Minh en 68 comme tous ses camarades, alors que le Tibet était déjà occupé par la Chine. A son âge, la mémoire ne fonctionne plus très bien.

En parlant de droits de l'homme, on pourrait suggérer à M. Bergé de s'intéresser à l'application des droits de l'homme en France, en particulier dans les prisons, dont on débat actuellement au parlement.

Quoi qu'il en soit cette affaire est le prétexte idéal pour les autorités chinoises de relancer le boycott de produits français, le genre d'action qui ne coûte pas bien cher et permet de détourner habilement le mécontentement de la population, en évitant qu'il se dirige contre son propre gouvernement.

Fondu enchaîné sur Jack Lang, de retour tout bronzé de Cuba, qui parle surtout de lui-même, de ses convictions socialistes qui ne l'empêchent pas de "servir son pays", de ses liens anciens avec l'Amérique du Sud. Dans les trente dernières secondes il évoque nécessité de mettre fin à l'embargo. Curieusement, il ne parle pas du tout des droits de l'homme à Cuba, un pays qu'il connaît bien car il y a séjourné et il a accueilli Fidel Castro lors de sa visite à Paris en 1995. Décidément, nos fringants ex-soixante-huitards ont la mémoire sélective,

jeudi 8 janvier 2009

Sale temps

La neige colle à mes semelles. Une neige sale et durcie qui se tasse mais ne veut pas fondre en ce début Janvier glacial. J'ôte mon bonnet pour entrer dans l'église. La cérémonie a déjà commencé. Des chants. Des fleurs. De la musique. On lit l'évangile des béatitudes: Heureux les pauvres de cœur ... Heureux ceux qui pleurent. Lors de son prêche, le prêtre nous confie: j'aurais aimé apprendre le violon. Il nous dit également qu'il écoute chaque année le concert du nouvel an à la télé et que la belle musique nous remplit le coeur de joie.

jardin_sous_la_neige.jpg

A nouveau des chants, de la musique, des prières. Puis l'on défile un à un, lentement, devant le cercueil chargé de fleurs et décoré d'une photo.Certains saisissent le goupillon pour l'asperger d'eau bénite. D'autres lui envoient un baiser, ou bien restent comme moi, stupides, les bras ballants.

Je la connaissais peu à vrai dire. Ayant été son voisin de pupitre à l'orchestre Ut Cinquième, j'appréciais sa bonne humeur constante, son caractère facile, son ironie légère mais sans méchanceté, son jeu musical très sûr. Nous avions perdu le contact depuis un an. On m'avait vaguement dit qu'elle était malade, mais j'ignorais la gravité de la situation.

La cérémonie s'achève. Le cercueil est chargé dans un camion gris, recouvert de vraies fleurs qui ont l'air plus fausses que les fleurs en plastique. Inutile de saluer la famille, qui a précisé ne pas vouloir recevoir les condoléances, et que je vois pour la première fois. Il n'y a plus rien à faire, plus rien à dire.

Sur le chemin du retour, quelques notes me reviennent en mémoire. Il s'agit d'une pièce de Bach (la sarabande de la cinquième suite) qui m'a toujours intrigué par son dépouillement extrême. Une ligne mélodique sinueuse, très lente, lourde de tensions, de chromatismes et de dissonances. Voilà des années que je ne l'ai pas jouée mais elle me revient en mémoire tout entière, je l'entends comme si on la jouait à côté de moi. J'entends même quelque chose d'autre, que je ne percevrais pas avant; un souffle, une vibration secrète. Ce message codé entre les notes, j'en suis sûr maintenant, ce n'est pas le vide. C'est l'absence.



samedi 6 décembre 2008

Au secours !

Lu dans le Monde: les préconisations d'André Chervel, spécialiste en histoire de l'orthographe et de la grammaire, pour la réforme de celles-ci dans le but de les rendre plus faciles à maîtriser. Le constat est en effet unanime: le niveau en orthographe, après avoir atteint un pic ou un palier dans les années 1920-1950, est en constant déclin, au point que des gens ayant 5 ou 8 ans d'études après le bac (y compris en fac de lettres) ont une écriture quasi illisible car bourrée de fautes. A tel point qu'un nouveau métier se développe: coach (quel mot affreux) en orthographe pour cadres des grandes entreprise. Première leçon: la conjugaison sur verbe coacher à l'imparfait du subjonctif: que nous coachassions, que vous coachassiez...

Pour enseigner correctement l'orthographe et la grammaire, d'après ce docte érudit en sciences de l'éducation, il faudrait y passer une heure par jour, ce qui se ferait nécessairement au détriment d'autres activités. Lorsqu'on sait que les gamins passent en moyenne 3 heurs et demi par jour devant la télé ou l'ordinateur, on se dit qu'il y a de la marge. Cependant, voici ce qu'il propose comme palliatif à l'inévitable déclin de l'orthographe:

Les règles d'une orthographe réformée doivent être très simples. Par exemple : supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation. Ne pas toucher à "acceptable" ou à "laisser", évidemment, mais enlever un "l" à "collège", un "f" à "difficile" ou un "n" à "innocent". Cette réforme nous rapprocherait de l'Europe. Dans les langues romanes voisines, espagnol, italien, portugais, roumain, ce doublement n'a jamais existé, ou a été supprimé. "Appeler" s'écrit apelar en espagnol. Pourquoi ne pas l'écrire "apeler" ? Cela concerne des montagnes de mots qui occasionnent énormément de fautes. Les études comparatives des copies du XIXe et de la fin du XXe siècle montrent une tendance à faire compliqué quand il faut faire simple, à redoubler les consonnes là où il n'en faut qu'une. Autre règle très simple : supprimer les lettres grecques, en abandonnant tout souci de l'étymologie. Quand la prononciation le permet, il faut supprimer les "y" (ceux qui ne correspondent pas à un double "i"), supprimer les "h" après les "t" ou les "r", remplacer "ph" par "f". On écrirait une "ipotèse" (ipotesi en italien), une "bibliotèque" (biblioteca en espagnol, italien, portugais, roumain), une "biciclette", une "cronique", un "daufin"… Encore une règle simple : que tous les noms et adjectifs prennent un "s" au pluriel (même "des animaus"), à l'exception des mots qui sont déjà terminés en "s", "x" ou "z", comme "mois", "paix" ou "nez". Le pluriel des noms a déjà été régularisé à deux reprises : on écrivait "une difficulté, des difficultez" jusqu'en 1735, "un enfant, des enfans" jusqu'en 1835. Dans ces deux cas, la simplification a consisté à généraliser la règle : pour le pluriel, on prend le singulier et on rajoute un "s". Si l'on poursuit dans la même voie sans toucher à la prononciation, il n'y aura plus que deux règles de pluriel : celle des noms et adjectifs, et celle des verbes. Une fois que l'élève les aura mémorisées, il commettra moins de confusions par ailleurs. L'impact de la réforme ne s'arrête pas aux seuls mots touchés. C'est toute la relation à la langue qui s'en trouve confortée : il n'y a plus ce sentiment d'insécurité face à une orthographe difficile, voire imprévisible.

Voilà bien sûr l'occasion rêvée de re-sortir une blague classique sur le sujet:



Le choix a fait l'objet d'un compromis, les Allemands ayant obtenu que l'orthographe du Français, particulièrement délicate à maîtriser, soit réformée, dans le cadre d'un plan de cinq ans, afin d'aboutir à l'Eurofrançais.

1. La première année, tous les accents seront supprimes et les sons actuellement distribues entre ' s ', 'z', 'c', 'k' et 'q' seront repartis entre ' z ' et ' k ', ze ki permettra de zupprimer beaukoup de la konfuzion aktuelle.

2. La deuzieme annee, on remplazera le ' ph ' par 'f ', ze kiaura pour effet de rakourzir un mot komme 'fotograf ' de kelke vingt pourzent.

3. La troizieme annee, des modifikations plus draztikes zeront pozibles, notamment ne plus redoubler les lettres ki l'etaient: touz ont auzi admis le prinzip de la zuprezion des ' e ' muets, zourz eternel de konfuzion, en efet, tou kom d'autr letr muet.

4. La katriem ane, les gens zeront devenus rezeptifs a des changements majeurs, tel ke remplazer 'g' zoi par ' ch ', zoi par ' j ', zoipar 'k', zelon les ka, ze ki zimplifira davantach l'ekritur de touz.

5. Duran la zinkiem ane, le ' b ' zera remplaze par le ' p ' et le' v'zera lui auzi apandone, au profi du 'f'. Efidamen, on kagnera ainzi pluzieur touch zu le klafie. Un foi ze plan de zink an achefe, l'ortokraf zera defenu lochik, et les chen pouron ze komprendr et komunike. Le ref de l'Unite kulturel de l'Europ zera defenu realite!

Ma préconisation à moi: fermer l'INRP et reconvertir ses chercheurs en profs de français dans les quartiers difficiles, ce qui leur permettra de confronter leurs théories à la réalité.

dimanche 30 novembre 2008

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

Le critère principal, sinon unique, pour évaluer les compositeurs aujourd'hui est la nouveauté. Le plus beau compliment qu'on puisse leur faire est d'être innovants, audacieux. Lorsqu'on qualifie leur musique de littéralement inouïe, il faut entendre: vraiment bonne. Même chez les maîtres des siècle précédents, Strawinski, Webern ou Varèse, on salue la modernité avant tout, avec des formules oxymoriques comme une modernité qui dure ou un classique de l'avant-garde.

Au fond peu importe qu'une pièce soit extrêmement difficile à jouer, qu'elle fasse fuir la plus grande partie public par des sonorités stridentes, des dissonances appuyées, ou encore une complexité d'écriture trop grande pour offrir à l'oreille des repères clairs. Ce qui compte c'est que ça soit nouveau. Il faut avant tout obéir sans réserve à l'injonction baudelairienne; Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

Mon propos n'est pas de prendre parti pour ou contre ce mouvement. Observons quels problèmes il soulève, puis nous laisserons les lecteurs tirer leur propres conclusions.

  • D'abord la définition de ce qui est nouveau est on ne peut plus floue. Si j'écris une symphonie dans le style de Haydn ou Mozart, ce sera incontestablement une œuvre nouvelle, car l'an dernier elle n'existait pas. Mais n'importe quel musicien ou mélomane dira: ça n'est pas vraiment nouveau comme style. Où donc réside la nouveauté ? dans le style, dans les techniques d'écritures, dans les techniques instrumentales ? Ou bien simplement dans la différence de goût d'une génération par rapport à la précédente ?
  • Il existe et il a toujours existé des compositeurs passéistes. Brahms et Rachmaninov en sont des exemples fameux. Leur musique n'en est pas forcément plus mauvaise. Mozart lui-même, donc la musique est pleine d'invention, a surtout utilisé le langage et le style de son époque: il les a porté à la perfection, mais sans chercher à les révolutionner. On pourrait multiplier les exemples, mais la preuve est fait qu'une musique n'a pas besoin d'être exagérément novatrice pour être bonne.
  • Comment enseigner la nouveauté en musique ? C'est un vrai paradoxe car la nouveauté ne se décrète pas, et elle vient surtout d'élèves qui ont remis en cause l'enseignement de leurs professeurs. Les Conservatoires, comme leur nom l'indique, sont des structures fatalement très conservatrices, orientés vers la transmission des acquis plutôt que la remise en cause du système. Les classes d'écriture (harmonie, contrepoint) enseignent une langue morte, c'est entendu. Mais celles de composition libre ne sont pas nécessairement moins conservatrices. Les techniques d'écriture sérielles, qui étaient révolutionnaires dans les années 1930, ont été ensuite transformés en pure matière scolaire par des professeurs qui traquaient les doublures et les accords à consonance tonales dans les travaux de leurs élèves comme les professeurs d'harmonie font la chasse aux quintes et aux octaves parallèles. Quoi de plus ennuyeux qu'une musique sérielle stricte, correcte du point de vue formel mais sans imagination ? De ce point de vue les professeurs de composition atonale ne sont pas moins conservateurs que celui de Jean Sibelius à Berlin, un post-Brahmsien nommé Albert Becker qui répétait sans cesse: better langweile, aber im Stil (restez dans le bon style, quitte à être ennuyeux).
  • Que se passerait-il si la nouveauté consistait précisément à remettre en cause ce culte exclusif et totalitaire de la nouveauté ? A renoncer à l'absurde prétention qui consiste à forger un nouveau langage, que seuls quelques-uns peuvent revendiquer. Même les musiciens reconnus pour leur musique particulièrement innovante (Beethoven, Liszt, Messiaen) ne cherchaient pas la nouveauté pour la nouveauté. Dans ces sonates pour piano et quatuors tardifs, Beethoven cherchait une expressivité dramatique toujours plus forte, ce qui l'a poussé à transformer la forme sonate jusqu'à la rupture. Mais il ne s'était pas fixé comme projet au départ de remettre en cause le système tonal ou la forme sonate. De même pour Liszt, ardent défenseur de la nouveauté dans sa musique comme dans celle des autres, la musique nouvelle englobe celle du passé, elle en utilise tous les moyens expressifs et en cherche de nouveaux. Quant à Messiaen, il a traversé le XXe siècle comme une comète solitaire, attentif et réceptif à la musique des autres mais suivant sa propre voie, n'écoutant que ses voix intérieures, ignorant les critiques d'où qu'elles viennent (soit de journalistes le brocardant comme avant-gardiste, soit de Boulez trouvant que tout ce fa # majeur, dans les Vingt regards c'était vraiment dépassé). Seul Schönberg peut-être (et ceux qui ont adopté son approche) a inversé la démarche en plaçant la recherche formelle d'un langage et d'un système au départ de son parcours artistique. Ce qui a du sens, mais est-ce la seule manière d'écrire de la musique ?

vendredi 21 novembre 2008

Pauvre Schubert...

Où l'on voit une idiote gagner 4000 euros en arrivant péniblement à se souvenir du nom d'une oeuvre qui n'a pas rapporté un centime à son auteur. Au fait, la demoiselle est fille de deux chanteurs d'opéra.

Au passage j'ai trouvé comment on dit ROTFL en allemand: Ich lag unter dem tisch !!!

(trouvé sur le blog de Jessica Duchen)

mercredi 22 octobre 2008

Mais qu'est-ce qu'ils lui trouvent ?

Encore un article dans la presse sur Hélène Grimaud, farci de commentaires dithyrambiques... cette fois-ci dans Rue89. cette toute jeune fille au visage d'ange qui joue comme une diablesse ... et on a encore droit aux loups et à la pub pour son dernier bouquin et son dernier disque. Ras le bol des loups et du récit de son enfance !

Hélène Grimaud est une très bonne pianiste, son disque avec les Klavierstücke op 118 et 119 de Brahms par exemple est très bien mais il y a beaucoup de très bons pianistes aujourd’hui… j’imagine que le système fabrique des stars et que c’en est une. Le nombre de sites internet que des fans lui ont consacré est assez impressionnant. Grand bien lui fasse !

Pour ma part Je ne la mettrai pas sur le même plan que des pianistes de légende comme Cziffra, Gould, Rachmaninov qui étaient également compositeurs (et qu'on reconnaît assez facilement à l'oreille, ce qui n'est pas le cas d'Hélène Grimaud dont le jeu est souvent qualifié de froid ou neutre). Et j’ai plus d’estime pour les pianistes qui défendent un répertoire original ou méconnu, qui se battent pour faire connaître et apprécier la musique contemporaine par exemple, que pour ceux et celles qui se contentent des tubes du répertoire 100 fois explorés dans le tous les sens.

Des exemples de pianistes originaux pour qui j'ai une admiration sans réserve ? Laurent Boffard (voir son site sur les Klavierstücke de Stockhausen), Dana Ciocarlie (et son disque Debussy en miroirs chez Triton), Pierre-Laurent Aymard défendant la musique de Messiaen. Il y en a beaucoup d'autres, je ne cite que ceux-là qui me viennent spontanément à l'esprit.

dimanche 28 septembre 2008

Je hais le piano

Je hais le piano. Je le déteste, je l'exècre, je le conspue, je ne le supporte plus.

  • Le piano est moche. Tous les instruments de musique sont beaux. Observez la perfection du violon, la sveltesse piriforme de la contrebasse (malgré son embonpoint), l'éclat rutilante de la trompette, la noblesse du trombone, le charme souvent exotique des percussions, le velouté noir de la clarinette, l'élégance de la harpe... même le contrebasson, avec ses tuyauteries incroyables, a une forme de beauté plastique. Il n'y a que les pianos modernes qui soient uniformément, absolument laids. D'abord ils sont plus noirs qu'un corbillard, plus massifs qu'un hippopotame à trois pattes, plus vulgaires qu'un samedi soir sur TF1.Et si on ouvre le capot, on découvre les entrailles métalliques de la bête, ou plutôt de la machine à frapper les cordes, à meurtrir les doigts et abrutir les oreilles.

SteinwayD-600.jpg

  • Le piano est musicalement handicapé Il est remarquable et paradoxal qu'on joue un répertoire aussi étendu sur un instrument aussi limité. Le piano ne permet pas de tenir le son, ni de régler finement la justesse; il n'offre à l'interprète que des moyens incroyablement limités et anti-naturels (clavier, pédale) pour contrôler l'émission du son. Il réduit toute musique à un jeu en blanc et noir sur une grille de 12 demi-tons désespérément égaux, où les quintes sont légèrement dissonantes, les tritons légèrement consonants, les octaves mêmes légèrement étirées par les accordeurs pour obtenir un son plus brillant dans l'aigu. Comment peut-on faire de la musique avec un machin pareil ? Vouloir faire des phrasés sur un piano est à peu près comme faire de la couture avec des gants de boxe.
  • Le piano est autiste Pour tous les instruments de l'orchestre, l'écoute, la justesse, la respiration, le jeu d'ensemble sont à la base de toute pratique musicale. Pas pour le piano, où c'est l'habileté digitale cultivée à grands renforts d'exercices solitaires qui compte avant tout. Pas besoin d'écouter réellement le résultat. D'ailleurs lorsque leur instrument est désaccordé, la plupart des pianistes ne s'en rendent même pas compte.
  • Le piano est en général joué par un pianiste, et c'est là tout le problème. Les pianistes sont produits en série dans les conservatoires comme les demi-queue sont produits dans l'usine Kawaï. Lorsque leur formation a parfaitement atteint ses objectifs, ce sont des machines à avaler les triples croches dont la perfection technique est inversement proportionnelle à la sensibilité. Par miracle il en existe de temps en temps qui sortent de cette lessiveuse en ayant réussi à rester musiciens.
  • Le piano est une nuisance universelle Les pianos modernes sont si puissants qu'ils causent des problèmes de voisinage sans fin: leurs vibrations sont relayées par les murs et les plafonds. Qui n'a jamais cru devenir fou en écoutant bien malgré soi le voisin du premier jouer la Lettre à Elise, avec les mêmes fautes à chaque fois ?
  • Le piano est égoïste les pianos actuels sont conçus pour permettre à un athlète du clavier d'écraser un orchestre de 80 personnes en dévalant les 80.000 notes du deuxième concerto de Rachmaninoff, Ils sont totalement inadaptés à l'accompagnement vocal, à la musique de chambre, à toute salle de concert qui aurait moins de 2000 places.

Ne croyez pas surtout que je déteste tous les instruments à clavier: j'aime au contraire la noblesse et la puissance de l'orgue, le charme discret du clavecin, le goût légèrement acidulé du piano-forte, le nazillement comique du cymbalum, la pureté du celsta, la rondeur des Erard et des Steinway anciens, les possibilités immenses des synthétiseurs ... c'est vraiment cet absurde piano noir qui prétend tous remplacer, égaler ou dépasser tous les autres instruments, résumer à lui seul toute la musique alors qu'il est le plus anti-musicien des instruments, qui concentre sur lui tout mon courroux.

Steinway.gif

Mais alors, me direz-vous, il n'y a vraiment rien à tirer de ces machines à produire des sons ? Réflexion faite, il existe bien deux ou trois manières de les faire sonner de manière originale et musicalement intéressante:

  • La méthode Express: lâcher un Steinway depuis le 5è étage, en tâchant d'éviter la mamie à chienchien qui se promène dessous. L'idéal est bien sûr une performance live mais on peut enregistrer le bruit pour le remixer dans des compositions électro-accoustiques.
  • La méthode Dûchable: conduire un Bechstein au milieu du lac Léman, et le noyer après avoir prononcé l'oraison. On peut enregistrer les glou-glous, mais il vaut mieux doubler avec Ondine ou Jeux d'eaux à la villa d'Este pour la version DVD.
  • La méthode Canadienne: mobiliser les finalistes du championnat du monde de tronçonneuse pour procéder à un découpage en tranches d'un Bösendorfer et de son tabouret. Offrir les restes au public. Mettre Stockhausen sur l'affiche, même si c'est faux, ça fera venir du monde.
  • La méthode Vénitienne: mettre le feu au piano après l'avoir copieusement arrosé d'allume-barbecue. A faire de préférence au théâtre de la Fenice, après s'être assuré qu'on est à jour des paiements de l'assurance-incendie.
  • La méthode Africaine: lâcher le Yamaha au-dessus d'un nid de termites rouges, après avoir pris soin d'affamer les bestioles. A l'aide de micros sans fil soigneusement répartis, sonoriser et spatialiser le grignotement. Il vaut mieux éviter de le faire avec un piano de marque chinoise, car la mauvaise qualité des colles chimiques employées pourrait intoxiquer les pauvres insectes.

Si vous avez-vous d'autres idées, écrivez-moi, je projette d'organiser un festival le piano dans tous ses états (solide, liquide, gazeux, plasmatique et autres). Le plus dur sera de trouver des sponsors...

mardi 9 septembre 2008

Bien qu'aux arts d'Apollon...

Chers amis lecteurs de ce journal, vous allez croire que je vous néglige car une rentrée chargée me laisse peu de temps pour écrire. En guise de consolation, voici une réflexion de Joachim Du Bellay (tirée des Regrets, publiés en 1558) sur l'utilité de l'art, ou sa futilité si l'on veut:

Bien qu'aux arts d'Apollon le vulgaire n'aspire
Bien que de telz trésors l'avarice n'ait soing,
Bien que de telz harnois le soldat n'ait besoing,
Bien que l'ambition telz honneurs ne desire :

Bien que ce soit aux grands un argument de rire,
Bien que les plus rusez s'en tiennent le plus loing,
Et bien que Dubellay soit suffisant tesmoing
Combien est peu prisé le mestier de la lyre :

Bien qu'un art sans profit ne plaise au courtisan,
Bien qu'on ne paye en vers l'œuvre d'un artisan,
Bien que la Muse soit de pauvreté suivie,

Si ne veulx-je pourtant delaisser de chanter,
Puisque le seul chant peult mes ennuys enchanter,
Et qu'aux Muses je doy bien six ans de ma vie.

samedi 30 août 2008

J'accuse !

Trouvé dans ma banlieue classes-moyennes:

Zola niké vos mères

Zola c'est le nom d'une cité pas loin de chez moi, éternelle rivale de Balzac. Un conflit qui semble durer au moins depuis celui des séparatistes Abkhazes, car il y a quelques années déjà je voyais tous les jours en allant à la gare un autre tag: Balzac encule Zola qui ne manquait pas de me plonger dans l'hilarité à chaque fois, mais qui a malheureusement disparu sous une couche de blanc cassé.

J'accuse ! donc mais qui accusé-je ? Comme mon agrégéé de lettres préférée me l'a fait remarquer, les gosses qui ont tagué ça savent au moins écrire, et même accorder le prénom vos au nom mères. Sur la conjugaison des verbes du premier groupe (d'après le Petit Robert, niquer appartient bien au premier groupe) c'est déjà nettement plus approximatif. Que fait donc l'éducation nationale, cette merveille qui le monde nous envie et qui nous coûte l'équivalent de 3 portes-avions nucléaires par an ? Pour que cela n'arrivât pas, il eût fallu que les inspecteur cessassent de tourniquoter les programmes, les enseignants de taquiner le bouchon et les élèves de cantiner, il eût fallu que Balzac cessât d'enculer Zola et Zola de foutre la rem de Zalbac, nom d'une pipe ! Il eût fallu que les recommandations du ministère soient mieux suivies:

Une recommandation s’impose. Un travail systématique doit être demandé à tous les IA-IPR sur le terrain de l’animation pédagogique avec un public désigné, au delà même de la réception immédiate des programmes : les programmes de Lycée doivent être expliqués à nouveau, justifiés, illustrés d’exemples originaux, défendus dans leur cohérence et leur nouveauté. Cet accompagnement doit être continu et donner lieu à des évaluations. Il apparaît souhaitable encore que les plans académiques de formation (PAF) proposent des stages portant sur la construction des projets pédagogiques et leur progression en classe de seconde (extrait d'un rapport sur La mise en oeuvre du programme de français en classe de seconde)

On ne saurait être plus clair. Voici ma suggestion de travaux pratiques pour les IA-IPR qui ne sauraient pas quoi faire avec leur PAF: emmener leurs élèves en sortie du côté de ma banlieue, puis leur faire une analyse de texte suivie d'un atelier d'écriture: en verlan, en louchébem, en contrepèteries, en alexandrins, en espagnol, en braille, en chinois traditionnel, et d'un atelier de création (choré)graphique. Pour ma part j'ai taggué en rouge, en bas à droite: "8/20 Peut mieux faire".

mardi 19 août 2008

L'informatique ça marche jamais

L'informatique ? c'est super mais ça ne marche jamais ! est une devise familière de ma chère et tendre, en butte comme chacun d'entre nous aux tracasseries d'un ordinateur qui ne veut jamais faire ce qu'on veut. Apparemment ceux qui ont servi pour la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin n'échappent pas à la règle:

BSOD

Comment ils disaient déjà: plus vite, plus haut, plus fort ?

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