Le journal de papageno

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samedi 13 février 2010

Quel modèle économique pour la musique en ligne ?

Bien malin celui qui saurait prédire à quoi ressemblera le marché de la musique dématérialisée dans dix ans, ou même dans deux ou trois. Le bilan 2009 montre que les ventes de musique en ligne continuent de connaître une croissance explosive, sans pour autant compenser la baisse des ventes de disques. Par ailleurs le piratage sur les réseaux de P2P comme bittorrent ou kazaa est en baisse, mais d'autres formes de téléchargement sauvage apparaissent ou se développent. Sans compter la copie privée qui ne passe pas sur le réseau (c'est à dire votre beau-frère qui vous offre les oeuvres complètes de Johnny Halliday en mp3 sur une clé usb). Les majors continuent de prendre l'eau, mais pas de manière uniforme. Alors que l'une des "big four", EMI, est en quasi-faillite, certains labels spécialisés sur des niches (comme le classique) semblent bien se porter. Ainsi Deutsche Grammophon (aujourd'hui devenu un des labels d'Universal Music Group), qui avait en son temps breveté le 78 tours et proposé les tous premiers CD audio, et vient de fêter ses 111 ans, semble plutôt en forme.

Mais l'industrie se cherche toujours son modèle économique. Il n'existe actuellement que deux manières de gagner de l'argent:
  • les sites de vente, qui sans doute n'atteindront jamais le chiffre d'affaire qui était celui du disque physique au tournant des années 2000;
  • les sites de streaming, financés par la publicité.
Le problème est que les sites de streaming ne rapportent quasiment rien. Quelques centaines d'euros par an pour les 10 titres les plus écoutés de l'année, quelques centimes pour les autres. C'est la raison pour laquelle Warner a annoncé récemment son retrait des sites de streaming.

Par ailleurs on lit sur Rue89 qu'un nouveau site veut se lancer pour proposer aux internautes ayant téléchargé de payer après coup. On peut être au minimum dubitatif sur l'initiative en question, sachant que:
  1. Si on a récupéré gratuitement un album qu'on aime bien, rien n'empêche de l'acheter sur un site de vente en ligne si on veut se mettre en règle et même pourquoi pas payer les gens qui ont travaillé pour le produire (en fait ce sont surtout les intermédiaires qui s'en mettent plein les poches, mais c'est un autre débat)
  2. Les maisons de disques sont tout à fait réservées sur le concept. Le modèle du téléchargez d'abord, écoutez, payez ensuite, si vous voulez leur convient certainement moins bien que celui du payez d'abord, écoutez si vous voulez. Y compris sur le plan psychologique, car cela assimile les artistes à des mendiants.
  3. Le site en question n'est pas bénévole, puisqu'il se propose de prélever 20% des transactions, soit sensiblement autant que ce qu'Apple prélève sur une vente iTunes
Je vous recommande surtout de lire le commentaire d'un musicien à l'article qui est sans doute ce que j'ai lu de plus sensé sur le sujet. Il y remarque notamment que les droits SACEM sont en général payés par le diffuseur et pas par le public. Si vous écoutez de la musique dans un restaurant, il n'y a pas de supplément sur la facture, mais le restaurant paye une redevance à la SACEM. De même pour les concerts et autres événements culturels: qu'ils soient payants ou gratuits, ce sont les organisateurs qui s'arrangent avec la SACEM. Dans la même logique, ce serait aux fournisseurs d'accès à Internet de payer pour la musique qui est téléchargée grâce aux tuyaux numériques qu'ils fournissent et qu'ils facturent. Du reste tout cela n'est pas si nouveau car de nombreux économistes ont remarqué que le téléchargement sauvage constituait une sorte de subvention que les industries culturelles (dont les contenus si chers à  produire, films, jeux vidéos, etc) versaient aux entreprises de télécommunications, qui sont les seules à profiter véritablement (et financièrement en tout cas) du téléchargement illégal massif.

Entre le tout gratuit (les sites de streaming) et le trop cher (la ventre à 10 euros l'album), n'y a-t-il donc aucun intermédiaire ? Il y a bien les sites avec abonnement (une sorte de licence globale si l'on veut) dont certains sont proposés par des fournisseurs d'accès à Internet comme SFR ou Orange. On pourrait aussi imaginer des systèmes de micro-paiements (quelques centimes la minutes ou l'heure) similaire au téléphone ou au minitel, au moins sur les terminaux mobiles du type smart phone ou tablette. Mais cela signifie que les compagnies comme Apple ou Vodafone vont remplacer les majors pour distribuer la musique. Du reste c'est déjà en train de se produire.

Dernier point, la musique, justement. L'avènement de la radio et du disque a permis un développement de la musique sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La musique de tous les styles est devenue accessible au plus grand nombre, et beaucoup de musiciens ont pu devenir riches et célèbres bien plus facilement qu'à l'époque de Haydn et Mozart. La musique enregistrée est devenue une véritable industrie, dont on se demande aujourd'hui si elle va muer ou simplement disparaître. Qu'est-ce que cela changera pour les musiciens ? D'un côté on aura la rude concurrence des catalogues pléthoriques de millions de titres existants, dont le prix ne peut que s'effondrer. De l'autre des ressources plus réduites pour les nouvelles productions. Allons-nous entrer dans une ère de décadence de la musique après l'âge d'or que nous vivons actuellement, à en croire les Carnets sur Sol ? Il y a tout de même plusieurs raisons d'espérer:
  • les goûts changent, et chaque génération réclame ses nouveaux artistes
  • les musiques sérieuses (classique, contemporain, jazz, opéra) ont des publics moins nombreux mais plus fidèles et pourront sans doute résister aux cycles économiques comme aux mutations technologiques
  • enfin et surtout, le lieu privilégié de production, d'écoute et de partage de la musique, c'est tout de même le concert. Tant qu'il y aura des scènes, des artistes sur la scène et un public en face, la musique vivra.

dimanche 4 octobre 2009

Cent partitions sur le site Tamino Productions

Le site Tamino Productions où je publie mes compositions et arrangements a récemment atteint le seuil symbolique de 100 partitions disponibles. Il bénéficie également d'un superbe nouveau logo bleu avec une plume dessiné par une cousine qui fait des études de design:

Bien que la navigation se soit améliorée avec la deuxième version du site SibeliusMusic qui héberge ces partitions, elle souffre encore de certains défauts. Le principal étant l'utilisation d'un plug-in propriétaire qui ne fonctionne que sur les ordinateurs Mac ou Windows, quand il veut bien fonctionner (plusieurs de mes amis m'ont rapporté des difficultés à installer le pug-in ou à imprimer des partitions). Côté positif, ce site permet de poster des extraits en MP3 à côté des partitions, offre une bonne visibilité dans les moteurs de recherche ainsi qu'une forme d'animation communautaire grâce aux reviews et autres liens.

Quelques partitions sont également disponibles sur le site lulu.com qui permet de commander des partitions imprimées (au lieu de les imprimer soi-même). Mais ce site dédié aux livres en général ne permet pas facilement d'imprimer les parties séparées pour les oeuvres de musique de chambre, ce qui constitue un gros handicap.

N'étant pleinement satisfait ni par l'une ni par l'autre solution, je vais probablement développer dans les mois qui viennent un nouveau site pour publier mes partitions mais aussi celles d'autres compositeurs. Dans l'idéal il sera multilingue et Web 2.0, basé sur un CMS comme SPIP ou Joomla. Sa principale caractéristique sera d'offrir le téléchargement gratuit des partitions dans le format le plus universel qui soit (le PDF). Les compositeurs seront rémunérés soit par les droits SACEM si l'oeuvre est jouée en public soit par un don en ligne si elle ne l'est pas. Contrairement aux sites d'auto-publication, il y aura un comité éditorial pour faire le tri, ce qui évitera aux utilisateurs du site d'avoir à le faire eux-mêmes.

Pourquoi offrir une partition gratuitement sur Internet plutôt que de signer un contrat classique avec un éditeur ? D'abord pour faire connaître son travail. A l'heure où la quasi-totalité des oeuvres de Mozart, Bach, Beethoven sont disponibles gratuitement sur des sites comme IMSLP, bien peu de gens vont être motivés pour acheter la partition d'un compositeur dont ils n'ont jamais entendu parler, surtout s'ils ne peuvent même pas y jeter un coup d'oeil avant de payer. Dans un magasin de partitions, on peut feuilleter avant d'acheter. Dans un magasin en ligne, feuilleter implique voir à l'écran donc potentiellement imprimer (toutes les tentatives pour permettre à l'utilisateur de voir à l'écran sans imprimer étant futiles et vouées à l'échec, comme les DRM). Autant permettre explicitement à l'utilisateur d'imprimer la partition au lieu de faire semblant de vouloir l'en empêcher. Sans même parler du piratage plus classique comme la photocopie d'une partition empruntée à un ami ou à la bibliothèque, qu'il est quasiment impossible d'empêcher en pratique. Autant prendre le taureau par les cornes et autoriser la photocopie, en adoptant une licence du type Creative Commons.

Est-ce idéaliste ? Une partition est un objet particulier. ça n'est pas vraiment un objet fini et prêt à consommer comme un livre, mais un produit intermédiaire destiné à des musiciens. Le produit fini c'est la musique, le concert, le disque. Signalons que les éditeurs perdent en  général de l'argent sur l'impression des partitions, et ils en gagnent avec les droits d'exécution (SACEM) et de reproduction discographique (SACD). Les éditeurs eux aussi pourraient faire des économies et mieux défendre leur écurie de compositeurs s'ils mettaient les partitions en ligne gratuitement. Mais bien peu d'entre eux sont prêts à faire ce geste, même pour les partitions épuisées. Dans ce contexte, il ne reste plus aux compositeurs qu'à se regrouper en coopérative et profiter de l'Internet pour diffuser le produit de leur travail. Si tout va bien, Tamino Productions sera bientôt l'une de ces coopératives.

lundi 21 septembre 2009

Cette mélodie pour toi seul...

Sur le site SHSK'H dont nous avions déjà parlé, Jody Pou et Emily Manzo ont mis en ligne un très bel album regroupant des mélodies d'Anton Webern, et autant de petits bijoux comme Dies is ein lied für dich allein (cette mélodie pour toi seul) ou Sterne, Ihr silberne biene (étoiles, vous, abeilles d'argent). Sur le site on peut écouter treize lieder mais l'album qu'on peut télécharger en comporte vingt-et-un. Il y a là l'intégrale des mélodies avec numéro d'opus (si on ajoutait les mélodies sans numéro d'opus on arriverai à plus de deux heures, comme David Le Marrec nous l'a rappelé).

Outre un programme plutôt original, ces artistes ont fait le pari de l'Internet pour leur distribution, car l'album peut être écouté et téléchargé gratuitement. Sachant qu'il n'est tout de même pas interdit et même vivement encouragé de les rémunérer par un don en ligne. Est-ce une initiative isolée ou le futur de la distribution de la musique une fois que l'industrie du disque aura achevé son agonie ? La voix est belle en tout cas, et le piano a des couleurs intimes qui séduisent. Et l'élégance du site internet assez dépouillé forme un tel contraste avec la vulgarité de nombreux sites de musique en ligne que c'est sidérant.

samedi 13 juin 2009

Le petit Nicolas et les pirates

Trouvé sur Framablog, une très réjouissante parodie du Petit Nicolas qui traite du piratage de la musique (et des verrous anti-copie également appelés DRM). Sur le même blog, un peu plus ancien, on trouve une traduction du fameux Is Google Making Us Stupid ? publié par Nicholas Carr il y a un an déjà. Un article assez long qui traite de notre incapacité à lire ... des livres ou des articles assez longs depuis que nous utilisons Internet quotidiennement.

vendredi 12 juin 2009

Hadopi: il est interdit d'interdire

La nouvelle a déjà été commentée par de nombreux journaux et bloggueurs. Certains crient victoire (les internautes favorables à une licence globale dont j'ai déjà dit tout le mal que j'en pensais), d'autres sont atterrés (les artistes, les maison de disques et plus encore les producteurs de cinéma et de jeux vidéos).

Le Conseil Constitutionnel, saisi par les députés verts et PS, a validé certaines dispositions de la loi Hadopi et censuré d'autres. Je vous invite à lire la décision complète sur son site Internet. Il a notamment maintenu le principe selon lequel le titulaire de l'abonnement est responsable de la surveillance de sa connexion afin de s'assurer qu'elle n'est pas utilisée en violation du droit d'auteur. Mais il a invalidé la suspension d'abonnement à Internet pour les pirates, pour trois raisons:

  • la sanction est disproportionnée
  • Internet joue un rôle capital dans la liberté d'expression et de communication, la vie démocratique et la vie quotidienne
  • la coupure d'accès à Internet ne peut être prononcée que par un juge, pas par une autorité administrative (sur ce point-là la décision du Conseil est conforme au vote des députés européens).
On peut en conclure soit que Jacques Chirac et Jean-Louis Debré lisent le journal de Papageno (où j'avais exprimé mon hostilité à la coupure d'accès tout en étant favorable à d'éventuelles sanctions comme des amendes pour lutter contre le piratage), soit qu'ils ne sont pas complètement fâchés de faire un petit croche-patte à l'actuelle majorité présidentielle.

Que  va-t-il se passer maintenant ? Si l'on observe ce qui se passe ailleurs, aux États-Unis ou en Europe, voici ce qu'on peut raisonnablement prédire: les majors vont continuer de mourir, l'Hadopi verra sans doute le jour, avec un arsenal répressif plus réduit comprenant vraisemblablement des amendes, le piratage va baisser mais pas cesser, les artistes vont continuer à se faire exploiter par ceux qui vendent le produit de leur travail, les industries du jeu vidéo et du cinéma devront innover pour survivre (elles ont déjà commencé avec la 3D ou les plate-formes de téléchargement comme Steam). A moins bien sûr que crise climatique et crise économique ne se conjuguent pour plonger l'humanité dans un long déclin, auquel cas le droit d'auteur, tout comme le saxophone ou la forme sonate, ne subsisteront que comme vestiges d'une civilisation excessivement brillante et créative mais pour finir victime de ses propres excès.

Le sujet du piratage et le feuilleton législatif Hadopi commençant à me lasser, je consacrerai les prochains billets de catégorie Musique en Ligne aux meilleurs sites de musique en ligne, avec un premier article sur les sites de streaming et un autre sur les sites qui vendent des albums à l'unité. N'hésitez pas, chers lecteurs, à me communiquer le nom de vos sites préférés, et les raisons de votre amour pour eux, afin de compléter ma petite enquête.

mercredi 20 mai 2009

Gratuité, Hadopi et musique en ligne: la réponse de Zig-zag territoires à Jacques Attali

Jacques Attali avait fait parler de lui il y a quelque temps avec un article dénonçant une loi scandaleuse et ridicule. Il est exact que la loi Hadopi est scandaleuse et ridicule, notamment car elle est contraire au droit européen (selon lequel la coupure d'accès à Internet doit relever de la décision d'un juge et non d'une autorité administrative), disproportionnée dans les sanctions, et probablement inapplicable. Mais emporté un peu par son élan, et un brin démagogue, il prenait le parti des internautes qui trouvent que tout la musique du monde gratuit quand je veux c'est tout de même assez sympathique. Certains n'ont pas manqué de lui suggérer de mettre le PDF de ses 40 livres sur les réseaus de peer-to-peer, puisqu'il paraissait si généreux avec le droit d'auteur des autres. Et l'on peut même prédire que dans 5 ans, lorsque le livre électronique (comme le Kindle d'Amazon qui se vend très bien aux Etats-Unis) se sera généralisé et que l'industrie du Livre souffrira le même martyre que celle du disque au tournant des années 2000, M. Attali signera pétitions, lettres ouvertes et autres tribunes pour se plaindre que "le piratage tue le livre et les auteurs".

La réponse des fondateurs du label Zig-zag territoires est beaucoup plus sensée et profonde que l'article qui l'a suscité, beaucoup moins polémique également:

Tout travail de l’esprit, les livres comme nos disques, doit s’inscrire dans une valeur d’échange. La gratuité de la radio comme du web ne nous choque pas autre mesure, ce qui nous choque c’est d’oublier qu’il y a autre chose que la radio, le web ou les ipod et que ce temps personnel sera toujours désiré et essentiel pour rester des êtres sensibles, ouverts aux autres et donc qu’il y a la place pour désirer acheter les disques ou les livres nécessaires à cette recherche de sens, de cohérence personnelle.

Ceux pour qui la musique est une véritable passion et non un simple divertissement peuvent donc être un peu rassurés: ils ne sont pas seuls au monde, et le micro-marché des disques de qualité pour amateurs de beauté musicale survivra sans doute à la tempête qui ravage les majors.

mercredi 6 mai 2009

Hadopi: épisode 138

La loi Hadopi continue à faire parler d'elle. D'abord les députés européens décidément têtus ont réusi à inclure (après un vote à 404 voix contre 57) l'amendement 138 dans le paquet télécom. Cet amendement déclare illégale toute coupure d'accès à internet par un Etat ou une Entreprise. Ce n'est pas une surprise et ça n'est qu'un épisode du feuilleton car maintenant le Conseil Européen (les 27 chefs d'Etat) ont le choix entre adopter le paquet ou provoquer une troisième lecture.

Côté français, Libé faisait sa une ce matin sur le divorce entre le PS et les artistes (dont une grande majorité affiche sans ambage sa sympathie pour la gauche). Le comédien Pierre Arditti dénoncait par exemple l'anti-sarkozysme compulsif du PS qui le conduit à prendre le parti des pirates contre celui du respect du droit d'auteur. Et l'éditorial nous ressert le vieux ragoût cent fois réchauffé de la licence globale. J'ai déjà dit tout le mal que j'en pensais. Quel sens peut avoir un système de redistribution centralisé et franco-français alors que l'Internet est décentralisé et de dimension mondiale ? A qui reverser l'argent de la licence globale ? En comptant les pirates ? Et comment ? Et pour les producteurs des autres pays, comme ceux qui font les séries télé américaines, qui sont massivement piratées ? Vont-il bénéficier de l'argent de la licence globale ? Et si les Américains ne veulent pas que les députés français négocient leurs droits d'auteur à leur place en autorisant les internautes français à télécharger ? Pas besoin de creuser bien longtemps pour voir qu'un système étatiste (ou crypto-étatiste façon SACEM) ne pourrait être en pratique que synonyme de gaspillage et d'injustice. Et si le téléchargement devient légal, outre que c'est une révolution dans le droit d'auteur, c'est aussi la meilleur manière de tuer l'offre payante et "légale" de musique, films, et jeux vidéos à télécharger.

Dans cette affaire, droite et gauche se comportent comme leurs propres caricatures:

  • la droite répressive qui brandit le bâton d'une coupure d'accès aussi coûtreuse qu'inefficace, jugée contraire au droits fondamentaux par les députés euréopes, et qui ne remplira les poches des gendarmes de l'Internet, pas celle des artistes
  • la gauche angéliste et puérile qui se fait plaisir avec des incidents de procédure aussi ridicules qu'inutiles et qui sans oser dépénaliser les violations du droit d'auteur voudrait créer une nouvelle taxe façon copie privée.

Au centre, le franc-tireur Bayrou qui arrose tout le monde. C'est pourtant du centre que pourrait émaner des propositions inventives et constructives pour sortir de l'ornière. Je ne vais pas faire le boulot des députés à leur place, mais voici quelque pistes:

  • réaffirmation du droit d'auteur et de la nécessité pour les pouvoirs publics de le faire respecter sur Internet comme ailleurs
  • abandon de la coupure d'accès à Internet au profit d'une amende (déjà proposé par un député de droite, et refusé par le gouvernement...)
  • étude sur le rapport coût d'une solution répressive type Hadopi, rapporté aux avantage économique escomptés.
  • développement d'un nouveau type de commandes d'Etat aux artistes (je pense ici plus spécifiquement aux musiciens), le résultat de ces commandes étant mis sur Internet gratuitement.
La dernière proposition est sans doute la plus audacieuse, celle qui se rapproche le plus d'un système de licence globale même si elle ne constitue pas un permis de télécharger tout et n'importe comment. La logique est toute simple: si on dépense l'argent du contribuable pour payer le travail d'un artiste, pourquoi ne pas utiliser Internet pour faire partager le résultat de ce travail avec le plus grand nombre ? Certes, me direz-vous, mais ce système existe déjà, il s'appelle Radio France (dont toutes les émissions sont téléchargeables gratuitemet en podcast). Mais on pourrait le développer un peu plus, et créer un média davantage orienté vers l'Internet.

samedi 18 avril 2009

Un an de prison ferme pour les "pirates" suédois

La presse généraliste a abondamment commenté le verdict d'un tribunal suédois qui condamne plusieurs personnes à un an de prison ferme pour avoir opéré un site servant à organiser le téléchargement (illégal) de musique, de films et de logiciels. Au passage les journalistes ne se sont pas privés de donner le nom et l'adresse internet du site en question, ce qui est soit très généreux soit un peu stupide de leur part. Rappelons plusieurs faits:

  • Ces pirates ne sont pas de gentils hippies qui opèrent leur site dans un garage sur leur temps libre mais des professionnels et des hommes d'affaires avisés. Leur site génère des millions de visites et les revenus des bannières publicitaires sont en conséquence.
  • Ils ne proposent aucun contenu créatif ou constructif, leur site a pour seul et unique but d'organiser le téléchargement massif de films, musique, jeux vidéos, logiciels, etc
  • Le nom de "pirate" est certes mal choisi pour désigner leur activité. C'est un terme fabriqué par les majors du disque (et les géants du logiciel comme Microsoft) qui s'est imposé dans le vocabulaire courant. Le mot de "parasite" serait déjà plus proche de la réalité. A quoi pourrait-on comparer leur activité ? Peut-être à un magazine qui donnerait mille et un tuyaux pour frauder les impôts et la sécu (sur de petits montants) en ayant peu de chances de se faire pincer. Le préjudice est réel et globalement important mais difficile à quantifier et noyé dans la masse.
Vous l'aurez compris, j'éprouve assez peu de sympathie pour ces escrocs à la petite semaine qui se posent en défenseurs des libertés individuelles et des gentils internautes contre les méchantes majors. Je trouve même assez surprenante leur popularité (on parle même en Suède d'un "parti des pirates" qui voudrait se présenter aux élections du Parlement Européen).

Un autre débat, plus technique, concerne les moteurs de recherche. Si les pirates suédois sont poursuivis en justice, est-ce que Yahoo ou Google doivent l'être ? En effet les moteurs de recherche américains incluent les "torrents" qui permettent de télécharger illégalement des films ou des albums dans leurs indexes. Cela dit les pirates suédois n'hébergeaient par seulement les torrents qui décrivent un fichier à télécharger mais aussi les trackers qui sont indispensables pour connecter entre eux les utilisateurs de bittorrent. Laissons le débat technico-juridique aux spécialistes, et notons simplement  une petite différence de business plan entre un moteur de recherche généraliste et un moteur de recherche spécialisé dans le téléchargement illégal. Différence qui n'est pas si grande au demeurant, car dans les deux cas l'internaute est quasiment obligé de passer par le moteur de recherche qui capte les revenus publicitaires, au détriment des producteurs de contenu (un cas d'école étant les agrégateurs d'articles de presse comme Yahoo News ou Google News).

Internet et le MP3 sont des outils formidables pour les musiciens qui veulent faire connaître leur travail et partager des enregistrements avec le plus grand nombre. C'est une possibilité que j'ai utilisé moi-même pour partager quelques enregistrement réalisés lors de concerts d'amateurs (et qui est utilisée également par de nombreux ensembles comme Ut Cinquième). Les enregistrements en question n'ayant pas de valeur commerciale, la question de leur piratage ne se pose même pas à vrai dire.

Mais si c'est une chose que les artistes aient la possibilité de poster gratuitement des enregistrements pour les partager avec le monde entier, c'en est une autre que de poster gratuitement, et sans leur demander leur avis, le produit de leur travail. Est-ce donc immoral que de chercher à produire des enregistrements de qualité professionnelle (ce qui coûte cher) et de chercher à les vendre ? Et peut-être même de gagner de l'argent avec ?

L'argument choc mis en avant par des groupes d'internautes comme "le réseau des pirates" est "nous sommes des millions à télécharger des albums, et ils veulent faire de nous des pirates". Le mot de pirate est mal choisi, je l'ai déjà dit, mais ça n'est pas parce qu'une mauvaise action est commise par de nombreuses personnes qu'elle devient bonne. Il y a peu d'années, il y avait des millions de gens en France qui roulaient à 150 ou 180 sur les autoroutes, ou qui fumaient sur leur lieu de travail. Ce qui ne faisait pas d'eux des bandits de grand chemin ! Mais la loi a changé, les sanctions ont changé, et leur comportement a changé. Pour le téléchargement sur Internet, c'est la même chose: tant que le bénéfice des quelques euros économisés sur l'achat du disque ou du DVD excédera les inconvénients et les risques de sanction, le téléchargement abusif continuera sur une échelle massive. Monsieur Tout-le-monde n'est pas un criminel mais ça n'est pas non plus un saint...

(petite correction après coup: il semble que le terme pirate pour désigner les infractions au droit d'auteur soit aussi ancien que le droit d'auteur sinon plus, puisqu'il est attesté dès le XVIIe siècle en Angleterre si j'en crois l'article Copyright infrigement de Wikipedia. Il faudra que je vérifie d'ailleurs mais je crois me souvenir d'une préface où Balzac appelle flibustiers les éditeurs qui imprimaient ses romans en Suisse ou en Belgique, bourrés de fautes et naturellement sans lui verser un centime).

(mise à jour le 24 avril 2009: les avocats vont demander une annulation du procès au motif que l'un des juges était membre de plusieurs lobby de la propriété intellectuelles, équivalents suédois de la RIAA aux Etats-Unis ou de l'APP en France. Ce qui fait mauvais genre évidemment, surtout si l'on considère la sévérité de la peine. Par ailleurs si l'on en croit le site anglais The Register, l'un des quatre pirates, celui qui se chargeait des finances en particulier, ressemblerait davantage à un néo-nazi doté d'une solide fortune personnelle qu'à un gauchiste vivant dans une caravane. Une occasion de rappeler que les site de p2p sont aussi et entre autres un lieu privilégié d'échange de vidéos révisionnistes ou de matériel pédo-pornographique, même si cela dépasse de loin le cadre de ce journal...)

jeudi 26 mars 2009

Hadopi: les eurodéputés persistent et signent

Les députés européens ont une nouvelle fois, et par 481 voix contre 25 voté contre la privation d'accès à Internet par les gouvernements ni par les entreprises. La mesure la plus médiatique de la future loi Hadopi risque donc de ne jamais être appliquée, si jamais elle était votée.

Sur ce dossier qui divise assez nettement, ma position est finalement assez centriste:
  • oui pour faire la chasse aux pirates et les sanctionner quand on les attrape (Internet n'est pas une zone de non-droit)
  • non à la coupure d'accès à Internet, ça coûte cher et c'est une sanction disproportionnée.
  • oui à une amende d'un montant comparable à celui des (petits) excès de vitesse pour les téléchargeurs indélicats.
  • non à une licence globale qui ferait payer les gens honnêtes pour les pirates et dont personne ne saurait comment distribuer le produit de manière équitable.
Précision pour David: ceci n'est pas un troll.

mercredi 25 mars 2009

Le site last.fm devient payant (pour les français)

Le site last.fm qui propose de la musique en streaming (c'est à dire écoute sans téléchargement, un peu comme sur un poste de radio) vient d'annoncer sur son blog qu'il demandera un abonnement de 3 euros par mois pour les internautes (sauf aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne). Le modèle de l'accès illimité à un catalogue contre un abonnement mensuel va-t-il l'emporter sur la vente de musique à l'unité façon iTunes ? Il est sans doute trop pour le dire.

Ce qu'on peut dire en revanche dès à présent aux amateurs de licence globale, c'est: abonnez-vous aux sites de votre choix et arrêtez de casser les burnes à mon député. Une licence globale gérée par la SACEM (ou tout autre organisme para-public) et distribuée au doigt mouillé comme la taxe copie privée ? Non merci.

mardi 10 mars 2009

Loi Création et Internet: beaucoup de bruit pour rien

C'est une des manies de notre gouvernement actuel que de surcharger le calendrier parlementaire et d'empiler les lois, certaines lois étant votées avant même que les décrets d'application de la précédente soient parus. Peu importe au fond qu'une loi soit inappliquée ou inapplicable, l'essentiel est d'occuper le terrain médiatique (et indirectement, électoral). La loi dite "Internet et Création" ou encore "Hadopi", du nom de l'autorité administrative qui sera créée, ne fait pas exception: basée pour l'essentiel sur le rapport Olivennes et l'accord tri-partite signé à l'Elysée, elle est l'objet d'une bataille médiatique rangée entre l'industrie du disque d'une part, et les internautes pro-licence globale soutenus par certains associations de consommateurs d'autre part.

Le piratage est vieux comme le monde: dans les années 1830 déjà Honoré de Balzac se plaignait que des éditeurs indélicats imprimaient ses romans à succès en Belgique ou en Suisse, non seulement sans lui verser un centime mais bien souvent dans des éditions non révisées, pleines de fautes, ce qui le mettait dans une colère noire. Depuis toujours les éditeurs se battent contre la contrefaçon, qui les touche plus durement que toute autre métier en raison du paradoxe qui veut que la musique (ou la littérature) coûte cher à produire et quasiment rien à reproduire. Pour l'instant les éditeurs de livres s'en sortent car les consommateurs sont restés attachés à l'objet livre, mais la dématérialisation de la musique est un fait et dans quelques années les supports physiques comme le CD audio ou le SACD n'existeront plus que sur des marchés de niche.

Jusqu'où peut-on aller dans la pénalisation et la criminalisation de la copie non autorisée ? Un exemple récent avec les journalistes qui ont pu entendre le dernier album de U2 en avant-première. Au lieu de leur envoyer un CD comme c'était la tradition, pour éviter que les MP3 soient sur les sites pirates avant même la sortie officielle, on les a invités. Des vigiles à l'entrée les dépouillent de tous leurs objets personnels, téléphones portables inclus, et il ne sont autorisés à garder qu'un crayon et un bloc-notes pour écouter l'album. Une paranoïa fort désagréable et inutile au demeurant car les MP3 ont tout de même atteri sur les sites pirates, non à cause d'un journaliste indélicat mais à cause d'un site de téléchargement légal qui avait par erreur mis en ligne l'album trop tôt.

Quelle est l'alternative au tout-répressif ? Je suis violemment opposé à la "licence globale" que proposent certains blogueurs ou politiques et même des associations de consommateurs. D'abord la license globale existe déjà: plusieurs sites de musique en ligne proposent des forfaits très peu chers (à partir de 5 euros par mois) permettant l'écoute illimitée à l'intérieur de catalogues pléthoriques de centaines de milliers de titres. Les deux avantage de ces formules illimités sur la "licence globale": on n'est pas obligé d'y adhérer, et le comptage des morceaux écoutés peut être fait de manière précise pour répartir les royalties des artistes. Aux amateurs de licence globale, j'ai envie de dire: inscrivez-vous à l'un de ces sites si ça vous fait plaisir. Mais par pitié épargnez-nous une usine à gaz mise en place par les pouvoirs publics et semblable à la "taxe copie privée", c'est à dire répartie au doigt mouillé après que la SACEM aura prélevé ses habituels 35% de "frais de fonctionnement".

Le point qui cristallise tous les débats: la privation de connexion internet pour les "pirates", est en fait un faux enjeu. Il ne fait pas de doute que la suspension de connexion est une sanction abusive et disproportionnée, surtout si ce sont des officines privées sui sont chargées de repérer les fraudeurs. Mais les députés européens ont massivement rejeté la suspension d'accès à Internet, et le droit européen prime sur le droit français en la matière. Une amende paraîtrait une sanction bien plus raisonnable et proportionnée que la coupure d'accès pour la copie illégale de fichiers, mais l'amendement socialiste qui va en ce sens a bien peu de chances de passer. C'est donc une loi inapplicable et contraire au droit européen que les députés s'apprêtent à voter.

Techniquement, la chasse aux pirates est loin d'être facile et coûte cher. Ce journal n'est pas le lieu pour entrer dans les détails, mais le seul moyen de vraiment supprimer à 100% le piratage serait d'installer des filtres de deep packet inspection (DPI) qui regardent tout ce qui entre et tout ce qui sort de votre ordinateur, et bien sûr d'interdire le cryptage. Autant dire que c'est perdu d'avance, sauf à vivre dans un monde qui ressemble à l'ex-Allemangne de l'Est, avec deux cent mille personnes travaillant pour la Stasi sur une population d'à peine vingt millions. Est-ce vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre ? Cela dit, si on ne peut éliminer le piratage, on peut le réduire, et l'Etat est dans son rôle de chercher à le faire.

Que se passera-t-il une fois la loi votée ? Il est toujours dangereux de prédire l'avenir, mais on peut se livrer à quelques pronostics:

  • le piratage va probablement reculer, comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni ou les e-mails d'avertissement ont montré une rleative efficacité. En effet de nombreux internautes se croient à tort anonymes alors qu'ils se promènent en fait sur la toile avec un grand écriteau "ceci est mon adresse IP". Lorsqu'ils recevront une lettre recommandée pleine de (fallacieuses) menaces, un grand nombre d'entre eux cesseront d'utiliser Kazaa ou Bittorrent. Ou dans le cas le plus fréquent, ils commenceront à se soucier de l'usage que font les adolescents de 12 ans du PC familial.
  •  La chute de l'industrie du disque va se poursuivre inexorablement. Le chiffre d'affaire est à la moitié de son pic historique atteint en 2002, il atteindra 10% dans quelques années. Aucune loi n'y changera rien,les boulversements induits par la dématérialisation sont trop grands.
  •  La musique en ligne va poursuivre son essor, sans jamais peser plus que 10 ou 15% de ce que pesait le défunt marché du disque compact.
  •  Le secteur du classique pourrait survivre comme un marché de niche, mais la pléthore d'enregistrements pas chers (voire gratuits pour ceux qui ont plus de 50 ans) risque d'étouffer les jeunes artistes qui auront du mal à résister à la concurrence des Gould, Callas, Richter, Karajan, et autres.
  • Les premières suspensions de connexion Internet seront médiatisées par des erreurs sur la personne et des abus, et finalement des procès qui conduiront le gouvernement à abandonner cette forme de sanction.

Au total, à part le directeur de l'Hadopi qui aura gagné une voiture de fonction, une secrétaire et un chef de cabinet, cette loi ne changera rien pour personne: ni pour les majors qui vont poursuivre leur agonie, ni pour les artistes pour qui utiliser Internet demeure un casse-tête, ni pour les gosses de 14 ans qui utiliseront la nouvelle techno à la mode pour contourner les filtres et télécharger des mp3 sans dépenser les sous qu'ils n'ont pas, ni pour les marchands de tuyaux (Apple et les fournisseurs d'accès Internet) qui vont continuer à s'en mettre plein les poches. Rien de nouveau sous le soleil...

A lire sur le même sujet: Surveiller et punir Internet d'André Gunthert dans le Monde diplomatique. Malgré le biais idéologique auquel on peut légitimement s'attendre dans ce journal, la conclusion n'est pas très éloignée de la mienne: Hadopi est soit une loi inutile, soit une loi politique.

dimanche 1 février 2009

Peut mieux faire...

Voici que mon fournisseur d'accès à Internet m'offre un forfait pour télécharger de la musique de façon illimitée (et légale, cela va sans dire). On peut donc piocher à volonté dans le catalogue d'Universal Music, avec les restrictions suivantes:

  • il faut un ordinateur avec Windows
  • il y a des verrous anti-copie (DRM )
  • on ne peut pas copier la musique sur un autre appareil (sauf si on fait sauter le verrou anti-copie, ce qui est un jeu d'enfant, soit dit en passant).

La fameuse licence globale que certains réclament à cors et à cris, si ça n'en est pas une, en tout cas c'est ce qui s'en rapproche le plus.

Oui, mais voilà, que vaut-il, le catalogue en question ? Il y a de grands artistes qui jouent des choses très bien avec des prises de son impeccables. Le tout est ensuite compressé (adieu finesse des timbres et des attaques) puis mis en ligne. Et la base est si mal indexée et documentée qu'on ne sait même pas ce qu'on écouter. Voici le premier album que j'ai voulu écouter:

L

C'est donc une certaine "Claire-Marie Le Gu" qui joue, l'album s'appelle "Haydn-Mozat-L'Esp". L'Espaquoi ? L'espadon ? L'espérance ? L'esse-Peter-donc-tranquille ? Et la première plage s'appelle "Allegro". Fort bien, mais est-ce une sonate, un concerto ? pour piano, pour bandonéon, pour trombone à coulisse ?

Après quelques essais, je trouve un menu contextuel avec une vignette d'album plus petite qu'un timbre-poste. On a enfin le titre de l'album et le nom de l'artiste complets, mais on ne sais toujours pas à quoi correspond cet Adagio, si c'est Mozart ou Haydn qui l'a écrit par exemple (n'allons pas jusqu'à exiger un numéro d'opus ou de catalogue Köchel, ce serait pédant).

L

En guise de licence globale et de téléchargement illimité, voici ce qu'on peut craindre pour les années à venir. Que les majors déversent sans discernement le contenu pléthorique de leurs catalogues dans les tuyaux internet, en noyant les jeunes dans un flot d'information qu'ils ne peuvent pas vraiment classifier, digérer, comprendre, apprécier. Étant adolescent, j'ai eu le disque, le livre et quelques bons amis pour faire mon éducation musicale. Mais pour les ados qui n'ont qu'Internet ?

samedi 24 janvier 2009

Il n'est jamais trop tard pour bien faire

EMI, puis Apple, enfin Warner Universal et Sony: les principaux acteurs de la musique en ligne semblent avoir officiellement renoncé aux DRM , ces fameux verrous anti-copie dont la principale utilité était de pourrir la vie de leurs clients en introduisant des contraintes arbitraires et stupides sur le type d'appareil à utiliser pour écouter la musique, le nombre de copies possibles, et ainsi de suite.

On peut s'étonner qu'ils aient attendu si longtemps et laissé se développer le piratage dans de telles proportions avant de se rendre à la raison. Et surtout qu'ils aient dépensé des ressources aussi considérables au flicage par tous les moyens (technologiques, juridiques, politique) plutôt que d'essayer d'améliorer l'offre. Le journal de Papageno va mettre à jour son comparatif en incluant les sites qui ont abandonné les DRM, mais celle-ci reste globalement insuffisante. Bien que les catalogues proposés soient abondants en nombre de titres, les moteurs de recherche sont indigents, les albums sont souvent mal indexés, leur description (compositeurs, oeuvres, interprètes, date et lieu d'enregistrement) est incomplète, les jaquettes et textes complémentaires manquent, et la qualité musicale n'est pas toujours au rendez-vous car peu de sites proposent le format FLAC qui est d'une qualité équivalente au CD audio et quasiment aucun ne propose la haute définition.

Reste une inconnue: les internautes (surtout les moins de 30 ans) vont-il préférer la tarification à l'unité (par album) qui perd de son sens avec la disparition de l'objet disque, ou les solutions forfaitaire de type streaming qui permettent d'écouter tout ce qu'on veut dans le catalogue, moyennant un abonnement ? Personnellement e ne suis pas favorable à la licence globale que certain appellent de leur voeux, pas en tout cas sur le modèle de cette infâme taxe pour la copie privée qu'on paye sur les CD vierges et dont le produit est distribué dans le meilleur des cas au doigt mouillé, dans le pire des cas sur le mode des petits arrangements entre amis. Il est impossible de savoir de façon fiable ce qui est téléchargé sur les réseaux pirates, et donc de rémunérer les artistes et les producteurs de façon équitable sur cette base. Si licence globale il y a, elle ne pourra exister que sur un site de musique en ligne donné (ou à la limite une fédération de sites). Ce site pourra compter les téléchargements de manière précise. Au fond, la question d'un paiement par album ou par forfait est purement commerciale, une question de contrats entre distributeurs et producteurs d'un côté, distributeurs et consommateurs de l'autre. Et l'on ne peut que souhaiter que les députés ne se chargent pas de créer une structure nationale qui n'aurait aucun sens vu la dimension mondiale de l'Internet, et qui ne pourrait collecter et distribuer l'argent que de manière opaque et inéquitable, et donc préjudiciable aux artistes et à l'industrie de la musique.

Une autre question se pose avec l'arrivée progressive dans le domaine public de quantités énormes de musique enregistrée dans les années 1950 (et bientôt 1960). Les maisons de disques peuvent continuer à vendre cette musique en faisant comme si de rien n'était, mais on peut en fait la copier sans leur verser un centime car le délai légal de 50 ans est expiré. Du moins tant que le lobbying à Bruxelles pour étendre la protection à 95 ans n'aura pas abouti.

Avec la fin des DRM, la croissance à deux chiffre des ventes de musique en ligne, le développement de l'offre, l'arrivée sans doute prochaine de la riposte graduée en France comme dans d'autres pays européens, le marché de la musique en ligne, après une adolescence difficile, entre dans une certaine maturité. Les majors qui n'ont pas compris il y a 10 ans ce que signifiait l'arrivée d'Internet vont-elles renaître de leurs cendres ou disparaître tel des Mammouths laineux inadaptés au changement climatique ? Nous le saurons dans quelques années.

Tout cela ne concerne que marginalement la musique classique d'ailleurs, marché de niche, fait par des passionnés pour des passionnés, où les meilleurs produits ne sont pas à chercher dans le "top 10" des ventes, mais parmi les disques qu'on garde précieusement, qu'on aime à écouter et ré-écouter, qu'on fait découvrir à ses amis. Produire de tels disques n'est souvent pas très rentable.

jeudi 27 novembre 2008

Concert éducatif (la famille Bach) samedi 29 novembre 2008

La cité de la musique se met elle aussi aux concerts rediffusés sur Internet. Ainsi, samedi prochain (le 29 novembre 2008), un concert éducatif, destiné au jeune public, autour de la famille Bach, à la salle Pleyel, sera retransmis en vidéo sur le site de la Cité de la Musique.

Banal, me direz-vous ? Retournons un peu en arrière. Au siècle de Mozart et Haydn, la diffusion de la musique était lente et difficile: le plus souvent il fallait la copier à la main. Le seul moyen de d'entendre était de réunir les interprètes ou d'en jouer une réduction au clavier. Les musiciens des générations précédentes étaient quasiment inconnus (ainsi Mozart n'a connu la musique de Bach que très tardivement, grâce au baron Van Swieten). Cent ans plus tard, au siècle de Liszt, l'imprimerie et le chemin de fer avaient permis de grands progrès, mais les réductions pour piano (ou bien pour trio piano-violon-violoncelle) restaient le vecteur principale de diffusion de la musique savante, forcément réservée à une élite cultivée.

La génération de mes grand-parents a connu une première révolution avec la radio, qui permettait de toucher des millions d'auditeurs et non des milliers. Celle de mes parents a vu l'avènement du 33 tours puis du disque laser, qui ont fait entrer la musique, savante ou non, dans tous les foyers. Les intégrales Bach ou Mozart à 100 euros sont peut-être le chant du cygne d'une industrie du disque en pleine déliquescence, mais elles constituent un moyen d'accès au répertoire sans précédent.

Quant à ma génération c'est encore plus direct: il suffit de taper "Mozart" ou "Brahms" dans un moteur de recherche ou site de partage de vidéos pour entendre un morceau. Mais le plus fort est que ça marche également avec Besty Jolas ou Eliot Carter (deux musiciens contemporains que je n'ai volontairement pas choisi parmi les plus célèbres):

Cet accès à la musique n'est-il pas trop facile ? Ne risque-t-il pas de développer un zapping mental qui empêcherait tout approfondissement, tout apprentissage sérieux qui reste malgré tout nécessaire si on veut devenir un honnête mélomane (et bien davantage pour devenir musicien) ? Pour ceux qui onté été formés à l'ancienne comme moi (école de musique, solfège, concerts, écoutes de disques avec partition), pouvoir découvrir en un clic la musique d'un compositeur contemporain ou non est une chance formidable, un incroyable élargissement de l'horizon. Mais cette découverte sous forme de vidéo avec son hyper-compressé ne saurait constituer qu'un premier pas qu'il faut nécessairement compléter par d'autres efforts (comme aller au concert, lire des livres ou travailler un instrument) si on veut réellement goûter la musique.

Au passage j'ai découvert que le site de la médiathèque de la Cité de la musique proposait en ligne (et gratuitement) des centaines de concerts. De Couperin à Eliott Carter, tous les répertoires et tous les styles sont représentés (y compris jazz, variétés, musiques du monde). C'est comme les sites de partage de vidéos, sauf qu'on n'a pas de vidéo et que le son est de qualité presque acceptable.

lundi 10 novembre 2008

SHSK'H

Trouvé sur le blog de Didier da: un site original et très beau au nom imprononçable de Shsk'h. Il ne propose que deux albums sous une licence Creative Commons qui autorise la copie et l'utilisation à but non-commercial. Et le prix ? On donne ce qu'on veut par Paypal, et quelqu'étrange que paraisse ce modèle économique, il permet sans aucun doute une meilleur rémunération des artistes que le circuit traditionnel (qui en moyenne touchent 40 centimes sur un album vendu 10 euros sur les principaux sites de musique en ligne). Il n'y a que deux albums, un d'Igor Ballereau qui comporte plus de silences que de notes, et un plein de charme d'Etsuko Chida qui chante et s'accompagne elle-même au Koto.

vendredi 10 octobre 2008

Téléchargement illégal: les députés européens à 88% contre le projet de loi Olivennes

Le 24 septembre, les députés européens ont adopté un amendement prévoyant qu'aucune restriction d'accès à Internet ne peut être adoptée sans décision judiciaire. Adopté à 88% des voix, cet amendement enterre une des dispositions phares du projet de loi Hadopi basé sur le rapport Olivennes, à savoir la suspension de l'abonnement Internet pour les internautes téléchargeurs. Si une telle suspension a lieu, ce sera par l'application une décision de justice et non de façon automatique comme par exemple les amendes pour excès de vitesse.

La décision des députés européens entérine un point de vue exprimé par beaucoup de blogueurs, d'associations et même de politiques, à savoir que l'accès à Internet est un droit fondamental, comme la liberté de circuler ou la liberté d'information, et que les restrictions à ce droit ne peuvent venir que de l'autorité judiciaire et non de l'exécutif. C'est donc une mini-victoire pour les défenseurs des libertés individuelles et aussi une reconnaissance du principe de proportion (les sanctions devant être proportionnées au préjudice subi).

Comme je le remarquais dans un précédent billet, s'il est légitime de respecter le travail des artistes (et les gros sous des ayant-droit), on aimerait bien que le gouvernement commence par suspendre la connexion Internet des spammeurs, des casinos en ligne, des faux sites bancaires et arnaqueurs en tout genre. Ce sont tout de même eux les vrais pirates, et non les gamins de 15 ans qui téléchargent des mp3 ou des séries télé.

jeudi 4 septembre 2008

Abeille Musique met tout son catalogue en ligne

Le distributeur Abeille Musique qui distribue notamment les labels Naxos et Hyperion en France, a récemment annoncé la mise en ligne de tout son catalogue, qui sera vendu par iTunes ou Qobuz, et sans DRM s'il vous plaît. Pas loin de 20.000 albums seront ainsi proposés. Combien d'années il faudrait pour écouter tout ça ?

samedi 23 août 2008

Le début de la fin du CD audio ?

Certains prédisent que le CD audio aura disparu dans deux ans, d'autres lui voient encore un bel avenir... Decca et Deutsche Gramophon ont pris position en tous cas, en créant chacune un label (Decca Concerts et DG Concerts) pour des albums disponibles uniquement au téléchargement. Le principe est le même: des orchestres prestigieux, captés en concert et non en studio pour faire des économies. L'abandon du support CD physique qui permet là encore de faire des économies mais aussi de raccourcir les délais de publication. Autre avantage du numérique: un catalogue potentiellement plus vaste, plus de rupture de stock ni de rotation (les nouveautés chassant celles du mois précédent). Enfin, du point de vue business, la création de ces sous-labels a pour vocation de décourager les orchestres d'imiter le London Symphony Orchestra qui a créé sont propre label LSO Live il y a plusieurs années déjà.

Détail amusant, je ne sais pas qui a copié sur l'autre, mais les deux logos utilisent les mêmes petits trous censés figurer un ticket de concert:

Pour ceux qui auraient envie de sauter en l'air en hurlant de joie, notons qu'il reste plusieurs gros freins à notre ascension pour le septième ciel:

  • le prix: 10 ou 12 euros, c'est à peu près le double de ce que les mélomanes aujourd'hui sont prêts à payer pour la musique dématérialisée.
  • la qualité du son, inférieure à celle d'un CD audio (alors que techniquement rien n'empêche de vendre de la musique numérique échantillonnée à 24bit / 96KHz par exemple, ou compressée sans perte de qualité)
  • l'iconographie et le livret, absents ou d'une qualité encore inférieure à ceux du CD (les CD étant eux-même considérablement en régression comparés aux bons vieux 33 tours)

Bref c'est de la musique low-cost sauf que le prix n'a pas diminué ! Dans l'immédiat il reste plus intéressant d'aller chercher les CD à 8 euros chez Naxos ou Harmonia Mundi et de les ripper soi-même.

samedi 26 juillet 2008

Pourquoi il faut continuer à boycotter les DRM

Le site Yahoo! Music a annoncé a ses clients qu'il met la clé sous la porte à partir de septembre 2008 (à lire sur Slashdot ou Ars Technica). Surtout, les serveurs de licences DRM fermeront eux aussi.

DRM Quelques explications pour les novices: lorsqu'on achète de la musique avec verrou anti-copie (ou DRM pour Digital Rights Management) on télécharge une version cryptée de la musique, ainsi que la clé de décryptage (oui, la clé de décryptage est sur votre disque, sinon il ne serait pas possible d'écouter la musique !). Et si on veut transférer la musique sur un autre ordinateur, il faut passer par le serveur de licence DRM qui donnera une autre clé. Du coup, les utilisateurs de Yahoo ! Music, qui ont payé pour acheter des albums, ne pourront plus changer d'ordinateur ou même remplacer le disque dur lorsqu'il tombera en panne, sans perdre leurs albums. En bref, ils sont victimes de l'informatique déloyale que dénoncent des associations comme l'APRIL.

Naturellement il existe plusieurs solutions: on peut par exemple graver un CD audio puis le re-compresser dans un format non verrouillé (comme MP3 ou AAC). Mais outre qu'on gaspille un CD audio (et on paye au passage 40 centimes de taxe copie privée qui sont reversés à Jonnhy Halliday et Britney Spears - merci pour eux !), on perd en qualité et on doit re-saisir à la main les méta-informations (nom des artitstes, titre des plages, etc). Tout les schémas DRM existants ayant étant cassés, on peut aussi trouver des logiciels gratuits ou payants pour dé-verrouiller les fichiers. Mais c'est tout de même un comble que les gentils consommateurs ayant payé leur musique pour être en règle avec la loi et soutenir les artistes soient désavantagés par rapport à ceux qui ont téléchargé les MP3 sur un site pirate, et qu'ils doivent bidouiller simplement pour continuer à utiliser un produit qu'ils ont acheté. J'ai mis l'expression soutenir les artistes entre guillemets car lorsqu'on sait que les musiciens gagnent en moyenne 40 centimes sur un album vendu 10 euros, il convient de prendre un peu de distance par rapport au discours moralisateur des producteurs et distributeurs de musique en ligne. Mais c'est un autre débat...

Je mettrai peut-être ma sélection de sites de musique en ligne à jour d'ici quelques semaines, mais ma recommandation reste inchangée: il faut boycotter absolument et sans exception tous les sites qui vendent de la musique avec DRM. Il faut même selon moi boycotter les sites qui vendent la moitié du catalogue avec DRM et la moitié sans DRM, comme iTunes. Il y a certains sites fort sympathiques comme MusiClassics qui sont manifestement mis en place par des passionnés de musique soucieux de proposer une offre de qualité. Néanmoins, c'est avec DRM, et si un jour cette sympathique PME pleine d'avenir cesse son activité, les clients auront sur leur disque dur des fichiers verrouillés sans la clé nécessaire pour les copier sur un autre ordinateur par exemple.

Donc, il faut boycotter tous ces magasins, et même le faire savoir en écrivant au Webmestre !

mercredi 16 juillet 2008

Loi Hadopi: la bataille fait rage

La bataille fait rage autour de la loi Hadopi actuellement en discussion au parlement, qui pourrait voir la France adopter la riposte graduée (e-mail d'avertissement puis suspension de la connexion Internet pour les internautes télé-chargeurs). D'un côté des cinéastes qui signent dans le Monde un tribune Culture ne rime pas avec gratuité. De l'autre la riposte parfois violente des internautes (lire par exemple le blog de Palpatine ou encore Clic de Droite), qui attaque les signataires de l'article en contestant leurs qualités artistiques:

Qui osera me dire que Claude Lelouch peut décemment soutenir "Est-il liberticide de vouloir préserver le droit pour les auteurs de continuer à faire des films ?" contre le partage de fichier gratuitement sur internet, alors que ses films ne font plus d'entrées depuis bien longtemps (et à part un coffret hors de prix, allez trouver ses DVDs...), et que l'on prie tous les matins pour qu'il arrête d'en faire ?

Il est frappant de voir la récurrence de certains arguments dans les forums Internet, à savoir

  1. de toute façon c'est de la m.... qu'ils nous vendent (mais dans ce cas, pourquoi la télécharger ?)
  2. les chanteurs sont tous des millionnaires (qui planquent leurs millions en Suisse)
  3. il n'y a qu'à faire la licence globale puisque les internautes la réclament (même si beaucoup d'artistes et de producteurs n'en veulent pas)

Pour ceux qui ne veulent pas mourir idiots et saisir le fond du débat avant de prendre position, il y a aussi le texte du projet de loi déposé au Sénat en juin, qui sera arbitré à la rentrée parlementaire.

Business model des artistes et producteurs de contenus culturels, protection des libertés individuelles, commerce ou gratuité dans la démarche artistique, ces questions sont trop complexes pour que je prétende avoir la solution sur laquelle experts, députés et lobbyistes se battent depuis des mois, voire des années. Je me contenterai de quelques remarques à titre personnel:

  • Même si on trouve que Lelouch fait des films de m... ça ne donne pas d'excuse aux gens qui les téléchargent sans payer
  • La license globale existe au cinéma, comme le fait remarquer Palpatine, avec les cartes illimitées. Cependant les cinémas peuvent compter facilement les entrées de chaque film et donc répartir l'argent de manière fiable et équitable. Comment compter les téléchargements avec Bittorrent ou Kazaa ? C'est impossible en pratique, et c'est pourquoi je suis opposé à la licence globale sur Internet. Pour la même raison je suis opposé à la taxe copie privé qu'on paye sur les CD vierges et disques durs, et qui est répartie sur la base d'études statistiques, c'est à dire au doigt mouillé et en arnaquant les petits au profit des gros.
  • Sauf à être de mauvaise foi, on ne peut pas nier la relation de cause à effet entre le développement du peer-to-peer et la crise des ventes de disque et de musique en ligne
  • L'appareil législatif sur la contrefaçon, conçu pour empêcher la contrefaçon professionnelle (par exemple une usine qui fabriquerait des DVD copiés ou un magasin qui les vendrait), n'est pas adapté au cas du gamin de 14 ans qui télécharge des MP3 sur le PC de sa maman. Il faut clairement que les sanctions sont proportionnées et graduées.
  • Quel que soit le cadre législatif, la rupture technologique que constitue la dématérialisation de la musique (et de la vidéo) aura des conséquences énormes sur l'ensemble de l'industrie. Les moins concernés par ce changement pourraient bien être les artistes eux-mêmes, et surtout ceux dont les concerts sont l'activité principale.

Entre le rêve de certains internautes qui n'ont peut-être pas compris que produire un disque ou un film ça demande pas mal d'argent et de travail, et qui voudraient tout gratuit, et le tout-répressif à l'américaine (lire mon article 200.000 dollars d'amende pour une internaute téléchargeuse), existe-t-il une voie moyenne ? On l'espère et on souhaite bon courage à nos députés dont l'agenda est des plus chargés.

Une dernière remarque: nos gouvernements (j'inclus les gouvernements canadiens, américains, européens dans cette phrase) s'occupent beaucoup de lutte contre le piratage de la musique; on aimerait qu'ils déploient ne serait-ce que la moitié du quart de la même énergie à la lutte contre le spam, qui pourrit littéralement les machines du monde entier et qui coûte des milliards aux entreprises et aux particuliers car on estime que 95% des e-mails échangés dans le monde sont des spams. Alors ? à quand la suspension de la connexion Internet pour les spammeurs ?

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