Voici que mon fournisseur d'accès à Internet m'offre un forfait pour télécharger de la musique de façon illimitée (et légale, cela va sans dire). On peut donc piocher à volonté dans le catalogue d'Universal Music, avec les restrictions suivantes:

  • il faut un ordinateur avec Windows
  • il y a des verrous anti-copie (DRM )
  • on ne peut pas copier la musique sur un autre appareil (sauf si on fait sauter le verrou anti-copie, ce qui est un jeu d'enfant, soit dit en passant).

La fameuse licence globale que certains réclament à cors et à cris, si ça n'en est pas une, en tout cas c'est ce qui s'en rapproche le plus.

Oui, mais voilà, que vaut-il, le catalogue en question ? Il y a de grands artistes qui jouent des choses très bien avec des prises de son impeccables. Le tout est ensuite compressé (adieu finesse des timbres et des attaques) puis mis en ligne. Et la base est si mal indexée et documentée qu'on ne sait même pas ce qu'on écouter. Voici le premier album que j'ai voulu écouter:

L

C'est donc une certaine "Claire-Marie Le Gu" qui joue, l'album s'appelle "Haydn-Mozat-L'Esp". L'Espaquoi ? L'espadon ? L'espérance ? L'esse-Peter-donc-tranquille ? Et la première plage s'appelle "Allegro". Fort bien, mais est-ce une sonate, un concerto ? pour piano, pour bandonéon, pour trombone à coulisse ?

Après quelques essais, je trouve un menu contextuel avec une vignette d'album plus petite qu'un timbre-poste. On a enfin le titre de l'album et le nom de l'artiste complets, mais on ne sais toujours pas à quoi correspond cet Adagio, si c'est Mozart ou Haydn qui l'a écrit par exemple (n'allons pas jusqu'à exiger un numéro d'opus ou de catalogue Köchel, ce serait pédant).

L

En guise de licence globale et de téléchargement illimité, voici ce qu'on peut craindre pour les années à venir. Que les majors déversent sans discernement le contenu pléthorique de leurs catalogues dans les tuyaux internet, en noyant les jeunes dans un flot d'information qu'ils ne peuvent pas vraiment classifier, digérer, comprendre, apprécier. Étant adolescent, j'ai eu le disque, le livre et quelques bons amis pour faire mon éducation musicale. Mais pour les ados qui n'ont qu'Internet ?