Terminator violoniste, c'est le nom de l'article consacré par Jacques Borsarello sur le site Alto en ligne à ce robot mis au point par Toyota et qui joue du violon:

Coiffé de sa casquette rouge "SUD Altos - défendez votre droit à la fausse note", l'altiste voit dans ce robot musicien une menace pour la profession. Les fidèles lecteurs du journal de Papageno se souviendront qu'on a déjà parlé de ces robots musiciens. La profession de musicien est-elle vraiment menacée par les machines ? Tout ça n'est guère crédible. Ces robots ne sont pas différents d'une chaîne hi-fi, dans le sens où ils ne peuvent que reproduire une musique pré-enregistrée. Est-ce que le 33 tours ou le CD audio ont tué la profession de musicien ? Bien au contraire, en diffusant la musique auprès du plus grand nombre, ils contribuent à développer la culture et le goût pour la belle musique et à remplir les salles de concert. Le plaisir du concert est celui d'une rencontre et d'un échange entre les artistes et le public. Qui aurait envie de payer une place pour regarder un robot jouer de la guitare ? Ou encore pour admirer un ballet de robot-danseurs ?

La comparaison homme-machine dans le domaine de la musique classique peut inspirer d'autres réflexions, pas des plus confortables d'ailleurs. Les conservatoires fabriquent en série des musiciens dont le talent se limite à exécuter les œuvres du répertoire, et qui sont le plus souvent incapables d'improviser ou de composer. Bon nombre d'entre eux manifestent une indifférence marquée, voire une hostilité franche au répertoire contemporain et aux compositeurs vivants. L'omniprésence du disque qui place les musiciens sous le parrainage écrasant de leurs aînés glorieux, les Rostropovitch, Oistrakh et autres Horowitz, les incite à minimiser les risques et à chercher avant tout à reproduire la partition et les traditions interprétatives qui vont avec, quelques erronées qu'elles puissent être, le plus exactement et le plus fidèlement possible. Quant au public, il est prié de se tasser sans bouger dans ses fauteuils et d'observer un silence digne d'un studio d'enregistrement jusqu'au moment de la délivrance ou est de bon ton d'applaudir comme des robots. Toute forme d'interaction avec les musiciens (comme on le voit pourtant fréquemment dans les concerts de Jazz ou de pop/rock) est à proscrire. En définitive, qui sont les véritables automates ?

Par ailleurs on peut et on doit saluer la prouesse des ingénieurs qui ont mis au point une telle machine. Voilà au moins un travail créatif et innovant. Bravo les artistes !